L’atoll d’Aldabra, un sanctuaire quasi-vierge peuplé de milliers de tortues géantes

L’atoll d’Aldabra, aux Seychelles, reste l’un des derniers sanctuaires quasi-vierges de la planète. Situé au beau milieu de l’océan Indien, il abrite notamment la plus importante population de tortues géantes au monde.

Faisant partie des Seychelles, l’atoll d’Aldabra est formé de quatre îles principales de récif corallien. Elles sont séparées les unes des autres par des passes étroites et enferment un lagon peu profond, bordé d’une mangrove de palétuviers et de plages de fin sable blanc. À marée haute, l’eau turquoise permet de voir des raies, des requins et des tortues marines. À marée basse, de petites îles émergent dans le lagon, presque posées sur la mer.

Mais aujourd’hui classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, l’atoll d’Aldabra a bien failli disparaître dans les années 1970 pour laisser la place à une base militaire américaine. L’idée fut finalement abandonnée face aux protestations des défenseurs de la nature et des scientifiques. A l’heure actuelle, l’atoll abrite « plus de 400 espèces et sous-espèces endémiques (vertébrés, invertébrés et plantes) ». Parmi les 100.000 tortues géantes des Seychelles (les mâles peuvent atteindre 1,20m de long et peser jusqu’à 300 kg pour une durée de vie allant jusqu’à 250 ans) elles sont nombreuses à y trouver refuge.

Atoll Aldabra

L’atoll d’Aldabra fait partie de l’archipel des Seychelles et abrite la plus grande population de tortues géantes du monde.

C’est dans ce paradis terrestre que les scientifiques peuvent mener des études uniques, notamment sur les tortues. En effet, l’atoll d’Aldabra est préservé de toute influence humaine en raison de son isolement, des difficultés pour y accéder et de l’absence d’eau douce. Seule une quinzaine de personnes vit sur l’atoll : quatre scientifiques, quatre gardes, du personnel administratif, un cuisinier. Les visites touristiques sont strictement encadrées et seuls de petits groupes de 30 personnes maximum sont acceptés, encadrés par des gardes. Le droit d’entrée d’environ 100 euros par personne permet de financer la gestion de l’île. Citée par l’AFP, le Dr Jeanne Mortimer explique : « Aujourd’hui il ne reste que deux endroits sur terre où vit une importante population de tortues géantes : Aldabra et les Galapagos, mais les deux espèces sont différentes ». Elle indique également : « l’écosystème d’Aldabra permet aux scientifiques de comprendre comment vivaient les tortues au moment où elles étaient tout en haut de la chaîne alimentaire », sans prédateur carnivore. Selon Frauke Dogley, directrice générale de la Seychelles Island Foundation (SIF) qui gère l’atoll et la Vallée de Mai (également classés par l’Unesco), la population des tortues d’Aldabra est stable depuis le début des années 1980. Néanmoins, l’espèce reste classée comme « vulnérable ».

Mais Aldabra est également un lieu de reproduction et de ponte privilégié pour les Tortues vertes, une espèce marine. « En février, c’est le pic de la saison de reproduction, tous les jours on enregistre de 30 à 40 traces de tortues vertes qui montent pondre leurs œufs [ … ] sur l’île de Picard », une des quatre îles de l’atoll, indique Janske Van de Crommercker, coordinatrice scientifique à la SIF. Alors que cette espèce est gravement menacée de disparition, « la population de tortues de mer est en augmentation, tous les ans on enregistre plus de traces de femelles », se félicite la chercheuse toujours citée par l’AFP. Cela est notamment dû à l’arrêt de la pêche à la tortue. Grâce à un programme de surveillance par satellite et par le biais d’un émetteur implanté sur six Tortues vertes, les scientifiques ont pu constater qu’après avoir pondu, ces tortues se dispersaient un peu partout dans l’océan Indien. Certaines « partent vers le continent africain, au Kenya, une autre est passée aux Comores et se trouve actuellement à Madagascar et une autre se trouve du côté d’Arros », une autre île des Seychelles, conclut Mme Van de Crommercker. Mais les spécialistes continuent de les garder à l’oeil.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Milieu marin/Biodiversité, ainsi que l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« .

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