L’incroyable voyage des larves de coraux

Des chercheurs ont modélisé les mouvements migratoires des larves de coraux. Certaines peuvent parcourir jusqu’à 9.000 km avant de former un récif.

Avant de se fixer sur les fonds marins, les coraux passent par une phase larvaire mobile (on parle de phase méduse, et de phase polype quand ils sont fixés). Des scientifiques anglais et américains viennent de publier une étude dans laquelle ils ont modélisé les mouvements migratoires des larves de coraux à travers le globe. Surprise, certains peuvent parcourir jusqu’à 9.000 km en une année.

Les coraux sont directement menacés par les activités humaines : réchauffement climatique, pollution et surpêche affectent les écosystèmes marins, dont les coraux sont un maillon essentiel. Les scientifiques supposent que pour survivre à des conditions défavorables, les coraux migrent vers des eaux plus clémentes. Sally Wood, co-auteur de l’étude, explique : « La dispersion est un processus extrêmement important. Les coraux sont fixés au plancher océanique à l’âge adulte, le seul moyen pour eux d’échapper à des environnements dangereux ou de repeupler des récifs endommagés est de lâcher leur progéniture à la merci des courants océaniques ».

Reproduction coraux

Les coraux se reproduisent en relâchant leur semence dans l’eau.

L’étude, publiée dans la revue Global Ecology and Biogeography, est la première du genre. Il est en effet impossible de suivre à la trace ces minuscules larves, de l’ordre du millimètre. C’est pourquoi les chercheurs se sont tournés vers le modèle informatique du Dr. Claire Paris, qui a déjà fait ses preuves en 2011 pour relier la dispersion géographique des coraux à leur diversité génétique.
« Simuler tant d’événements de reproduction à travers tous les océans est sans précédant, et s’est montré essentiel pour l’identification de dispersions à grande échelle, qui permettent l’établissement de nouveaux récifs. Ce que le modèle nous a montré est que les dispersions sur de longues distances sont rares, mais contribuent au maintien des espèces dans les récifs isolés, et aux changements géographiques lors des événements climatiques » explique le Dr. Paris.

Certains résultats ont surpris les chercheurs : alors que la majorité des larves s’implantent non loin de leur lieu de naissance, dans un rayon de 100 km, il arrive que certaines traversent presque la totalité de l’océan Pacifique, soit plus de 9.000 km. Sur l’échelle de plusieurs générations, il est donc possible pour certaines espèces de faire un tour complet du globe, en utilisant les côtes et les îles comme « ports d’attache ».

Reproduction coraux

Les coraux se reproduisent de façon synchrone avec le calendrier lunaire. Les nuits de frai, l’eau peut être recouverte de gamètes.

Certaines zones sont pourtant très difficiles d’accès, c’est le cas du Pacifique Est. Les récifs présents le long des côtes du continent américain se retrouvent donc coupés de nouveaux arrivages de larves, ce qui les rend d’autant plus fragiles. L’équipe va continuer dans ses recherches, notamment pour déterminer quel est le succès d’implantation des larves une fois arrivées sur un lieu propice.

Plus de la moitié des coraux du globe sont menacés de disparition, avec des pointes à 80 % selon les récifs. Sources d’une biodiversité immense, des centaines d’espèces de poissons dépendent directement de la présence de coraux. Et par extension, des millions de personnes dans le monde en dépendent pour se nourrir.

Reproduction coraux

La division cellulaire des cellules-oeuf commence.

Reproduction coraux

En quelques jours, le stade larvaire est atteint. C’est là que le corail est mobile et peut se diriger (même si il se repose surtout sur les courants marins).

Reproduction coraux

Une fois fixé, le corail atteint le stade polype.

Reproduction coraux

Les récifs coralliens sont l’association de millions d’individus avec des bactéries qui leur permettent de synthétiser des minéraux, et donc de construire le récif. Ce sont les écosystèmes les plus variés au monde.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Milieu marin/Biodiversité, ainsi que l’exposition Espèces en danger de la mer des Caraïbes.

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