L’acidification des océans aura des conséquences préoccupantes sur les espèces marines

Selon une étude-bilan tout juste publiée, l’augmentation de l’acidité des océans à cause du CO2 aura des conséquences très fortes sur les écosystèmes marins du siècle prochain.

Le réchauffement climatique s’accompagne d’une acidification des océans qui risque de changer irrémédiablement les écosystèmes des océans d’ici 2100. Publiée dans la revue Nature Climate Change, une étude fait le bilan de tous les travaux concernant l’impact de l’acidification sur les espèces marines. Ils en déduisent que toutes les espèces et toutes les familles seront affectées à un degré plus ou moins fort.

L’océan est un véritable puits à CO2. Plus du quart de nos rejets de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont captés par les océans de la planète. Mais ce processus naturel n’a pas que des avantages : une fois dissout dans l’eau, le CO2 devient de l’acide carbonique et contribue à l’augmentation de l’acidité des océans. Plus le taux de CO2 augmente dans l’atmosphère, plus les océans vont s’acidifier.

L’acidité est mesurée avec le pH (potentiel hydrogène). Une solution est neutre lorsque son pH est de 7, acide entre 0 et 7, et alcaline (ou basique) entre 7 et 14. En moyenne, le pH de l’océan est de 8.2, ce qui en fait un milieu légèrement basique. Ces 200 dernières années, l’océan est passé à un pH de 8.1, et les estimations pour 2100 sont de 7.7.

Océan

Si elles apparaissent faibles, ces valeurs traduisent pourtant une différence énorme, car l’échelle utilisée est logarithmique. Ce qui signifie qu’avec une baisse de 0.1, l’acidité des océans a déjà augmenté de 30%. D’ici 2100, les océans seront jusqu’à 150% plus acides, ce qui implique d’énormes bouleversements pour les écosystèmes marins.

Pour avoir une idée globale des effets de cette acidification, des chercheurs de l’Institut Alfred Wegener en Allemagne ont compilé 167 études scientifiques concernant 150 espèces marines (des coraux aux poissons en passant par les crustacés).

Les résultats sont très clairs : « notre étude montre que tous les groupes d’animaux sont affectés négativement par l’augmentation de la concentration en CO2. Les plus sensibles à la baisse du pH sont les coraux, les échinodermes et les mollusques » explique le Dr. Astrid Wittmann. De leur côté, les crustacés comme le crabe comestible ou l’araignée de mer semblent peu affectés par l’acidification, même si une hausse simultanée des températures leur sera certainement problématique.

Les conséquences de l’acidification ont été mesurées sur les caractéristiques physiologiques des espèces. « Par exemple, nous avons considéré si le métabolisme, la croissance, la calcification ou le comportement changeait avec l’augmentation du CO2 » explique le professeur Hans-Otto Pörtner.

Si les différents taxons réagissent différemment à ces changements, c’est que leurs fonctions physiques ne sont sensiblement pas les mêmes. Les poissons sont, par exemple, très doués pour réguler l’acidité de leur sang, chose dont les coraux sont incapables. Pour ces derniers, passer sa vie fixé au même endroit n’est pas un avantage quand les conditions environnementales évoluent.

Une eau trop acide provoque chez eux des problèmes de calcification de leur exosquelette, les rendant plus vulnérables à l’érosion. Ces données ont été confirmées par le registre paléontologique. Quand on regarde l’évolution des coraux lors des périodes où la quantité de CO2 était très élevée, on constate que les populations s’effondraient drastiquement, alors que celles des poissons savaient s’adapter.

Cette étude a été réalisée sous le giron du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), un programme des Nations Unies destiné à observer et compiler les données concernant le changement climatique. Le premier rapport concernant les conséquences du réchauffement climatique sur les écosystèmes des océans sera publié en mars 2014.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les pages Risques majeurs et Milieu marin/Biodiversité, ainsi que l’exposition Espèces en danger de la mer des Caraïbes.

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