La terre a tremblé hier sur la pointe bretonne

Un séisme de magnitude 3,9, dont l’épicentre était situé à l’est de Brest et qui n’a pas fait de dégâts, a été ressenti jusqu’à Quimper. Les scientifiques sont déjà en train d’analyser ce phénomène pas si rare dans la région.

« Nous venons de ressentir une forte secousse, accompagnée d’un grondement puissant. Tout l’immeuble a tremblé ». « On aurait dit qu’un métro passait sous l’immeuble. Cela a été suivi par une petite réplique environ cinq secondes plus tard ». Peu après 15 h, hier, les témoignages affluent de toute la pointe Finistère. Un séisme – d’une magnitude de 3,9 et d’intensité 4/5 sur une échelle de 10/12 – vient, en effet, de secouer la pointe bretonne, à 14 h 52. Son épicentre a été localisé à l’est de Plougastel-Daoulas, entre La Forest-Landerneau, Dirinon et Loperhet. À la mairie de la petite commune, l’épisode s’est manifesté par de légères vibrations des murs et sur les écrans des ordinateurs. Depuis son domicile, le maire, François Collec, a ressenti « une secousse pendant une fraction de seconde puis un grondement pendant 15 secondes. Comme si le Concorde était de retour au-dessus de la commune ». Les secours n’ont signalé aucuns dégâts, hier, après l’épisode sismique.

Séisme Bretagne 11/10/2013

« Le séisme qu’on vient de ressentir est assurément l’un des plus importants qui aient touché la Bretagne ces dernières décennies. Le dernier gros tremblement de terre remontant à 2004. D’une magnitude de 4,2 sur l’échelle de Richter, il était centré sur la région de Lorient », explique Christophe Delacourt, directeur de l’unité de recherche Domaine océanique de l’Ifremer, et responsable du réseau local de surveillance des mouvements tectoniques. Il faut cependant relativiser : si à l’échelle de la Bretagne, ces secousses sont assez fortes, elles ne sont pas comparables aux séismes destructeurs de magnitude 8 ou 9 qui endeuillent régulièrement certaines zones de la planète.

D’après les premiers éléments recueillis, les scientifiques ont localisé l’épicentre du séisme dans la région du Faou. « Généralement ce sont les grands cisaillements nord et sud armoricains, orientés est-ouest, qui entrent en action. Cette fois-ci, c’est une faille intermédiaire, en biais, orientée sud-ouest-nord est, qui a fait parler d’elle ». Selon Louis Géli (*), géophysicien brestois de l’Ifremer, cette faille est extrêmement ancienne. « Cette activité peut s’expliquer par le caractère hétérogène des matériaux qui la constituent et une réactivation des feuilles anciennes. De nouvelles secousses sont à prévoir dans les prochaines heures ».

Ce constat, Christophe Delacourt le fait aussi. « Ces répliques de moindre intensité ne seront peut-être pas ressenties par les habitants. Mais les capteurs du réseau de surveillance sismique les enregistreront ». Dans les prochains jours, débutera une étude de ressenti de la population qui viendra se superposer aux données purement scientifiques.

Source : Le Télegramme

* Auteur de « Un crapaud peut-il détecter un séisme ? 90 clés pour comprendre les séismes et les tsunamis », éditions Quae.

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « La machine Terre » et « Quand le Terre tremble… » ainsi que la page Risques majeurs.

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