Les coraux font l’odeur des océans et régulent le climat

Les océans ont une odeur particulière que l’on doit principalement aux coraux. Les récifs jouent un grand rôle dans le cycle du soufre et dans la formation des nuages. Ils produisent des DMSP, précurseurs des aérosols impliqués dans la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique. On attribuait jusqu’alors ce rôle aux algues qui vivent en symbiose avec eux…

L’odeur des océans est régulée par les coraux. Cette senteur est directement liée au cycle marin du soufre, et en particulier à la décomposition du diméthylsulfoniopropionate (DMSP), composé organique sulfuré dont les récifs coralliens sont les principaux producteurs. Jusqu’alors, on pensait que seuls les végétaux produisaient les DMSP, le phytoplancton et les xanthelles (qui vivent en symbiose avec les coraux) étaient vus comme les plus importants acteurs. Il apparaît aujourd’hui que les coraux eux-mêmes sont impliqués dans la formation de ces composés.

Les récifs coralliens ne couvrent que 1 % du plancher océanique mais sont essentiels pour 25 % de la faune marine mondiale. Ils fournissent de la nourriture, servent d’abris pour bon nombres d’espèces et jouent, d’après une nouvelle étude, un rôle important dans le climat régional. Les travaux menés par une équipe australienne identifient en effet les coraux comme la première espèce animale marine productrice de DMSP. Ces composés sont les précurseurs des sulfures de diméthyle (DMS), des aérosols impliqués dans la formation des nuages. Rejetées dans l’atmosphère, ces particules servent de noyau de condensation et favorisent donc la nébulosité.

Coraux régulent le climat

es aérosols émis par les océans sont pris dans la circulation atmosphérique. Suivant l’humidité de l’air, ils peuvent servir de noyaux de condensation pour les gouttelettes d’eau et servent donc de base de formation des nuages. Les précurseurs de ces aérosols, les DMSP, sont produits par les algues marines et les coraux.

Il était connu depuis longtemps déjà que les récifs coralliens sont impliqués dans la production des DMSP. Mais jusqu’alors, on l’attribuait aux xanthelles (du genre Symbiodinium). Ce sont des dinoflagellés qui utilisent les déchets azotés et phosphorés du corail. La nouvelle étude, dont les résultats sont publiés dans la revue Nature, rapporte que si ces algues contribuent effectivement à la production des DMSP, les coraux sont semble-t-il capables d’en produire seuls.

Les coraux juvéniles, qui n’ont pas encore de relation de symbiose avec les xanthelles, produisent déjà ces composés sulfurés. « C’est la première fois qu’un animal est identifié comme un producteur de DMSP », commente Jean-Baptiste Raina, principal auteur de l’étude, dans un communiqué de l’Australian Institute of Marine Science. D’après le groupe de recherche, les coraux juvéniles étudiés sentaient si forts, qu’il était presque évident qu’ils en produisaient. L’équipe australienne l’a ensuite prouvé à partir d’approches chimiques, génomiques et moléculaires.

Les nuages, en particulier dans les tropiques, sont d’importants régulateurs du climat. En fonction de leur albédo, ils réfléchissent le rayonnement solaire, ou au contraire l’absorbent, réchauffant l’atmosphère. Dans une étude précédente, des chercheurs avaient mis en avant qu’en raison de l’acidification des océans, le phytoplancton produisait moins de DMSP, ce qui réduisait la formation des nuages sur l’océan et favorisait donc intrinsèquement le réchauffement climatique. Dans cette nouvelle étude, l’équipe australienne suggère que les coraux produisent au contraire plus de DMSP en réponse au réchauffement de l’océan.

Au fil du temps, ces coraux juvéniles fraîchement installés dans le récif ont augmenté le taux de DMSP de 54 %. Exposés à une hausse de la température, ils produisaient jusqu’à 76 % de plus de DMSP. En conséquence, si les coraux continuent de décliner et que l’acidification des océans augmente, il pourrait bien ne plus y avoir assez de producteurs de DMSP pour favoriser la formation des nuages, ce qui favoriserait le réchauffement climatique.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les pages Risques majeurs et Milieu marin/Biodiversité, ainsi que l’exposition Espèces en danger de la mer des Caraïbes..

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