Les mystérieuses lumières apparaissant lors de séismes enfin expliquées ?

Une équipe de chercheurs est parvenue à expliquer les mécanismes géologiques sous-jacents à l’apparition de mystérieuses lumières lors d’un tremblement de terre. Selon leur étude, ces lueurs seraient produites par des courants électriques générés au sein de la faille du séisme.

Les témoins d’un tremblement de terre rapportent parfois l’existence d’un étrange phénomène qui se manifeste sous la forme de lumières dans le ciel. Ces lueurs apparaissent généralement avant, pendant ou même après la catastrophe. S’il s’agit d’un phénomène récurrent, ces apparitions empruntent généralement des aspects complètement différents. La forme, les teintes et la durée varient selon le séisme.

Depuis 1965, l’authenticité de ces manifestations a été reconnue par la communauté scientifique, grâce à une série de clichés récoltés lors d’un tremblement de terre à Nagano, au Japon. Depuis, de nombreuses images et séquences vidéo témoignent des différentes formes empruntées par ce phénomène. Certains témoignent par exemple de l’apparition de lumières vacillantes à une dizaine de centimètres au-dessus du sol quelques secondes seulement avant le terrible séisme qui a frappé l’Italie en 2009.

Au Québec en revanche, ces lueurs sont apparues sous la forme d’une boule de couleur pourpre, 11 jours avant l’arrivée d’un puissant séisme en 1988. Une vidéo (ci-dessus), enregistrée en 2008 dans la province du Sichuan en Chine rend également compte de la présence de halos aux couleurs arc-en-ciel apparus 30 minutes avant la catastrophe.

Lumières séismes

Un étrange phénomène lumineux qui précède les séismes.

Durant des années, les chercheurs ont tenté d’expliquer ce curieux phénomène. Divers hypothèses ont été avancées faisant appel aux mouvements tectoniques des roches et à la génération d’énergie en tout genre. Ces théories sont toutefois difficile à expérimenter étant données la difficulté à reproduire les conditions de l’origine d’un séisme en laboratoire.Une équipe de chercheurs, dirigée par le géologue Robert Thériault, du ministère des Ressources naturelles du Québec, et le cristallographe Friedemann Freund de l’Université d’Etat de San José en Californie, est toutefois parvenue à lever le voile sur le mystère. Pour y parvenir, les scientifiques ont analysé les conditions géologiques de 65 tremblements de terre ayant conduit à l’apparition de lumière depuis 1600.

Leurs résultats, parus dans la revue Seismological Research Letters, indiquent que dans 85% des cas, les lumières sismiques sont générées par un tremblement de terre provoqué au sein d’une plaque tectonique sur des sites du rift continental. Des conditions rares, qui ne représentent que 5% de la totalité des séismes, les autres se produisant généralement à la frontière entre deux ou plusieurs plaques tectoniques.

« Vous avez deux faces dans un morceau de continent qui se séparent et au milieu, se trouve une partie qui tombe verticalement » souvent sur des kilomètres pendant des millions d’années, a expliqué Freund à LiveScience. Ce mouvement crée des failles raides, quasiment verticales, qui s’étendent profondément dans le magma, permettant à des roches primitives qui se trouvaient en profondeur de remonter plus près de la surface.

Selon les scientifiques, la lumière serait générée par l’intermédiaire de ces roches situées à proximité de la surface. Soumises aux forces générées par le séisme, elles deviennent plus susceptibles de conduire de l’électricité. Et lorsque cette dernière arrive à la surface, elle ionise les atomes d’oxygène présents dans l’air, qui génèrent alors des flashs lumineux.

Ce type de faille « permet aux charges électriques de ces roches magmatiques sombres d’atteindre la surface plus facilement », a expliqué le co-auteur de l’étude, John Derr, de l’Albuquerque Seismological Laboratory. Néanmoins, la distance entre le phénomène lumineux et l’épicentre du séisme ou même la durée du spectacle peuvent être très variables d’un tremblement de terre à l’autre.

Par ailleurs, les lumières de séisme peut apparaitre même lorsqu’il n’y a pas eu de secousse, selon Freund. En effet, si le courant électrique peut s’échapper suite à une rupture catastrophique, il pourrait aussi être libéré progressivement, durant plusieurs jours, sans qu’un séisme ne se produise. Et pourquoi ces lumières n’apparaitraient-elles pas lorsque ce sont des zones de subduction qui sont mises en jeu entre deux plaques tectoniques ?

Selon Patrick Hogan, du World Wind project de la NASA, repris par LiveScience, ceci pourrait s’expliquer par le fait que des failles quasiment verticales sont plus aptes à transférer les tensions apparues en profondeur vers la surface. Ces conclusions devraient permettre dans un futur proche, d’affiner les modèles de prévision permettant d’estimer l’arrivée d’une catastrophe naturelle.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « La machine Terre » et « Quand le Terre tremble… » ainsi que la page Risques majeurs.

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