Les bébés manchots, grandes victimes du changement climatique

Ces chercheurs ont suivi pendant 27 ans 3.496 petits manchots de moins de trois mois. Leurs résultats est sans appel.

Le changement climatique tue beaucoup de bébés manchots en Argentine et pourrait aussi affecter ces oiseaux dans l’Antarctique, selon deux études publiées mercredi 29 janvier aux Etats-Unis.

En provoquant une plus grande fréquence d’événements météorologiques extrêmes – tempêtes, pluies diluviennes, vagues de chaleur – le réchauffement climatique fait des ravages parmi les plus jeunes oiseaux de la plus grande colonie de manchots de Magellan, en Patagonie, dans le sud de l’Argentine, selon une recherche de l’université de Washington parue dans la revue scientifique PLOS ONE.

Ces chercheurs ont suivi pendant 27 ans (1983-2010) 3.496 petits manchots de moins de trois mois.

Bébés manchots

Le réchauffement climatique fait des ravages parmi ces oiseaux (Source : AFP).

Durant la période étudiée, la plus grande partie de ces oisillons sont morts de faim. Mais certaines années, une grande partie a succombé aux pluies diluviennes faute d’avoir, à cet âge, un plumage imperméable. Cette absence de protection leur a aussi été fatale durant des vagues de chaleur car cela les a empêchés de plonger dans l’eau pour se rafraîchir comme le font les adultes.

Au total, 7% des morts annuelles de petits manchots ont été imputés au changement climatique, avec, pour certaines années, un taux de 43% voire 50%.

Les deux premières semaines de décembre sont les plus meurtrières : les oisillons ont à ce moment là moins de 25 jours, et ont été confrontés à un nombre croissant d’événements météorologiques extrêmes de 1983 à 2010, précisent les auteurs.

« Il s’agit de la plus longue étude à montrer un impact majeur du changement climatique sur la survie des jeunes manchots et la reproduction de ces oiseaux », souligne Dee Boersma, professeur de biologie de l’université de Washington et auteur de cette recherche menée à Punto Tombo, sur la côte atlantique argentine. Quelque 200.000 couples de manchots y résident de septembre à février pour se reproduire.

« On ne peut rien faire pour atténuer les effets néfastes du changement climatique, mais il est possible d’agir pour éviter que la plus grande colonie de manchots de Magellan soit privée de nourriture en créant une réserve marine protégée, où ces oiseaux puissent chercher leur nourriture et élever leurs petits », a-t-elle ajouté.

Selon Ginger Rebstock, de l’université de Washington et co-auteur de l’étude, « nous allons voir des années durant lesquelles quasiment aucun oisillon ne survivra si le changement climatique produit des tempêtes plus puissantes et plus fréquentes pendant la période de reproduction, comme le prédisent les climatologues ».

Une seconde étude, menée par Amélie Lescroël du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive en France, également publiée mercredi dans PLOS ONE, montre que le réchauffement climatique pourrait affecter les sources de nourriture des manchots de Terre-Adélie, dans l’Antarctique, compromettant leur survie.

Source : Le Nouvel Observateur/AFP

Vous pouvez consulter sur le site d’Archipel des Sciences les pages Milieu marin/Biodiversité et Risques majeurs.

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