L’eau liquide d’Europe semblable à celle de nos océans

La composition chimique de l’océan d’Europe est probablement proche de celle des océans présents sur Terre. Du moins si l’on en croit des travaux conduits en laboratoire qui permettent de reproduire la couleur de la glace sur certaines parties de la banquise de la célèbre lune glacée de Jupiter. La probabilité d’y découvrir de la vie vient donc d’augmenter.

Plus on étudie le Système solaire, plus des opportunités de découvrir des informations importantes sur l’origine de la vie et son apparition ailleurs dans l’univers apparaissent. Avec Rosetta, l’ESA avait notamment l’ambition de découvrir l’origine de l’eau des océans de notre Planète ainsi que de préciser le rôle des comètes dans la chimie prébiotique de la Terre primitive. Les regards se tournent aussi en direction des lunes glacées de Jupiter et Saturne, en particulier Europe et Encelade.

Il ne fait pas de doute qu’il existe un océan d’eau liquide sous la banquise d’Europe. Cependant, bien des questions se posent quant à sa composition chimique exacte. Mieux la connaître permettrait de préciser les chances que des organismes rappelant ceux vivant autour des sources hydrothermales terrestres y soient apparus. La mission Galileo nous a permis de mieux connaître la surface d’Europe. Elle y a même révélé la présence d’argile tandis que le télescope Hubble a surpris des geysers géants s’en échappant transitoirement.

Europe

Europe, l’un des satellites de Jupiter (Source : NASA)

En 2013, un groupe de planétologues du California Institute of Technology (Caltech), où enseignait Richard Feynman, avait publié un article faisant état d’analyses spectroscopiques concernant la composition de la banquise d’Europe menée à l’aide de l’OH-Suppressing Infrared Integral Field Spectrograph (Osiris) équipant l’observatoire Keck au sommet du Mauna Kea (Hawaï, États-Unis). Mike Brown et Kevin Han en avaient conclu que l’océan d’Europe devait beaucoup ressembler à ses cousins sur Terre, plus précisément qu’il devait s’agir d’un océan salé par du chlorure de sodium. Toutefois, on ne pouvait pas écarter la possibilité qu’il en soit autrement : la composition chimique de cet océan pouvait tout aussi bien être dominée par d’autres minéraux contenant du soufre ou encore du magnésium.

 

Sel soumis aux élecrtons

Un des échantillons de sel soumis à des électrons dans les conditions de température et de pression régnantes à la surface d’Europe à la sortie du simulateur où se sont déroulées les expériences (Source : NASA).

Avec son collègue Curt Niebur, Kevin Hand vient cependant d’apporter un argument qui fait pencher la balance en faveur de la première hypothèse dans un article récemment publié dans Geophysical Research Letters et qui aurait sans doute plu à Arthur Clarke et Carl Sagan. Pour cela, les chercheurs ont tenté de déterminer la composition exacte des zébrures de couleur jaune-brun bien visibles à la surface de la banquise d’Europe et qui semblent provenir de l’éruption récente en surface de l’eau liquide de l’océan de la lune de Jupiter.

Les deux chercheurs sont partis de l’hypothèse que cette couleur provenait de la longue exposition des cristaux de chlorure de sodium dans la glace d’Europe aux flux d’électrons et d’ions qui frappent sa surface. Pour tester cette hypothèse, ils ont enfermé divers mélanges de sels et d’eau dans une chambre sous vide refroidie à basse température (- 173 °C) afin de reproduire les conditions régnantes à la surface d’Europe. Puis ils ont simulé une centaine d’années d’exposition aux électrons et aux ions présents dans la magnétosphère de Jupiter en quelques dizaines d’heures seulement à l’aide de faisceaux d’électrons fournis par un accélérateur.

Sel marin

Le sel marin prend une couleur jaune-brune. Une étude plus fine du spectre de ce matériau révèle qu’il est très proche de celui mesuré par Galileo lors de sa mission en orbite autour de Jupiter. (Source : NASA, JPL)

Il s’est avéré que les cristaux de sel marin bien connus sur Terre et exposés à ce traitement prenaient effectivement une couleur jaune-brun et que la signature spectrale obtenue était très proche de celle observée avec les zébrures d’Europe. Enfin, plus la durée d’exposition aux radiations était importante, plus la couleur du sel devenait sombre. Selon Hand, cela laisse penser qu’il doit être possible de dater certaines des structures observées sur Europe à partir de leurs couleurs. Clairement, l’intérêt d’une mission spécifiquement destinée à l’étude d’Europe, ce qui n’est pas le cas de la mission Juice (la mission européenne vers Jupiter), ne fait que grandir.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « La recherche de la vie dans l’Univers« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s