COP21 : la Chine, cancre du climat, veut rattraper son retard

Mardi, le premier pollueur de la planète a annoncé sa contribution pour la conférence mondiale sur le climat. Son objectif d’atteindre un pic d’émissions de CO2 autour de 2030 semble réalisable, alors que la Chine se penche, depuis peu, sur les questions environnementales.

L’annonce était très attendue. Mardi, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a dévoilé la contribution de son pays à la réduction des émissions de CO2 en perspective de la conférence mondiale sur le climat (COP21), que la France accueillera fin 2015. Le gouvernement chinois a fixé son pic des émissions de CO2 « autour de 2030 », a indiqué la délégation chinoise lors d’une visite à l’Élysée.

La Chine entend aussi « baisser son intensité carbonique de 60%-65% par rapport à 2005 », « porter la part de ses énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20% » et « augmenter son stock forestier d’environ 4,5 milliards de mètres cube par rapport à 2005 ». Des engagements salués par l’Elysée. « Le Président de la République salue l’annonce par la Chine de sa contribution nationale pour la COP21, qui confirme son engagement à construire une civilisation écologique », a fait savoir la présidence française après la rencontre.

L’annonce de cette contribution est d’une importance majeure. En effet, la Chine est le premier pays pollueur de la planète avec 25% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. A titre de comparaison, la Chine a émis, en 2010, deux fois plus de CO2… que l’Union européenne à 27 (les 28 sans la Croatie), émettant 7311 millions de tonnes contre 3660 en Europe.

Pollution Chine

La Chine est le premier pays pollueur de la planète avec 25% des émissions de gaz à effet de serre (Source : AP).

Le directeur général de WWF Chine, Sze Ping Lo, s’est félicité de cette décision. « La Chine se donne les moyens d’assurer un plateau de ses émissions pour atteindre ensuite un pic dès que possible. Contrairement aux contributions déposées par les autres pays, la Chine présente à la fois ses objectifs et les moyens de leur mise en œuvre à l’échelle nationale. Le gouvernement chinois détaille sa feuille de route, et notamment le cadre législatif qui rendra ces objectifs contraignants », a-t-il expliqué.

Pierre Cannet, responsable climat de WWF France, voit cet engagement comme un geste décisif. « C’est un signal fort qu’envoie la Chine. Nous avons la démonstration au niveau international que le pays est prêt à faire des actions importantes pour l’environnement. Au niveau régional la Chine pourrait devenir un exemple à suivre», explique-t-il. Cette déclaration pourrait ainsi apporter du dynamise dans les négociations et une lueur d’espoir supplémentaire concernant la possibilité d’un accord en décembre.

« Nous espérons que la Chine poursuivra ses efforts pour influencer et entrainer le marché mondial des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique », souhaite aussi Samantha Smith, directrice de l’initiative mondiale Climat et Energie du WWF.

Emissions GESLa plupart des experts jugent cet objectif réalisable. « Depuis quelque temps on assiste à une réduction de l’intensité des émissions de CO2 par rapport au PIB », précise au Figaro Patrick Criqui, directeur du laboratoire d’Economie du développent durable et de l’énergie. Par ailleurs, d’après une étude publiée par l’Académie chinoise des sciences sociales, relayée par Libération, le « mouvement d’urbanisation » pourrait ralentir dans les prochaines années. Ce phénomène pourrait donc entrainer une baisse des émissions industrielles. La combinaison de ces facteurs rend l’objectif de la Chine réaliste, voire proche d’une « tendance naturelle », selon Patrick Criqui. Cela n’enlève rien à la force symbolique de cet accord, qui marque un virage décisif dans les négociations et le modèle économique chinois.

« Ils font beaucoup d’efforts », explique le scientifique. « De nombreuses actions environnementales ont été mises en marche depuis quelques années. Le gouvernement a instauré un système d’échange de quotas d’émissions. Ils ne sont pas hostile pour mettre des taxes sur les émissions, ils introduisent aussi des normes », ajoute-t-il. L’enjeu n’est donc « plus seulement un sujet ‘environnemental’, mais un sujet politique et économique dont dépend la stabilité du pays », expliquent Pascal Canfin et Peter Staime dans l’ouvrage Climat 30 questions pour comprendre la conférence de Paris.

Emissions GES /habitantNéanmoins, la pollution reste encore un vrai fléau dans le pays. « L’ampleur de la pollution a réveillé les esprits et il y a une forte prise de conscience de la société civile », soulignait Chen Yan, directeur général du Forum China-Europa, dans Libération. Le succès du documentaire à propos de la pollution qui asphyxie le pays, Under The Dome, en atteste. Le film a été visionné par plus de 150 millions de personnes… avant d’être censuré par le gouvernement. Preuve que la pollution et l’environnement restent des sujets épineux.

Source : Le Figaro

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des sciences, la page Risques majeurs.

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