La Grande barrière de corail évite le classement « en péril »

L’Unesco estime que l’Australie a apporté une réponse sérieuse pour protéger ce joyau, menacé par les activités industrielles et le réchauffement climatique.

Des félicitations, des bravos. Le Liban a même salué « la belle leçon » donnée par l’Australie. Les représentants des 21 pays membres du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, réunis à Bonn en Allemagne du 28 juin au 8 juillet, ont estimé mercredi 1er juillet que l’Australie avait entendu les préoccupations exprimées par l’organisation onusienne. La Grande barrière de corail n’a donc pas été placée sur la liste du patrimoine en péril. La décision était pour le moins attendue à Canberra.

La Grande barrière est « l’un des emblèmes de l’Australie », a souligné le ministre australien de l’environnement Greg Hunt devant l’Unesco. C’est l’un des principaux sites touristiques du pays : elle attire 2 millions de touristes chaque année et rapporte 6 milliards de dollars australiens (4,1 milliards d’euros). C’est également un site exceptionnel pour les chercheurs.

Grande barrière de corail Australie

Image prise depuis l’ISS, d’une partie de la Grande Barrière de corail.

Située au nord-est de l’île-continent, elle est aussi étendue que l’Italie, avec ses 2 300 kilomètres de long. C’est le plus grand ensemble corallien du monde, avec plus de 400 espèces de coraux, plus de 1 500 espèces de poissons, 133 espèces de requins et de raies. Mais à partir de 2011, trente ans après son classement au patrimoine de l’humanité, l’Unesco a commencé à s’inquiéter de l’état de la Grande barrière.

L’Australie développait alors le port de Gladstone, sur la côte, dans la zone protégée. Le pays regorge de matières premières, en particulier de charbon, exporté principalement vers l’Asie à partir d’immenses ports situés dans cette zone. L’expansion du port d’Abbot oint, appelé à devenir l’un des plus grands du monde, continue de faire polémique. La Grande barrière de corail souffre surtout du changement climatique et de la détérioration de la qualité de ses eaux, liée en partie aux activités agricoles le long de la côte. Une donnée résume la situation : en trente ans, elle a perdu plus de la moitié de ses coraux.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), qui conseille l’Unesco, s’inquiétait encore, en mai, de la détérioration de l’état de la Grande barrière, en particulier dans sa partie centrale et méridionale. Même l’Australie n’a pas d’autre choix que de reconnaître que ce joyau est « sous pression ».

Comment alors expliquer la décision de l’Unesco, qui s’était montrée très critique il y a un an ? « L’année dernière encore, nous ne savions pas clairement si nous allions obtenir une réponse à l’échelle du problème de la part de l’Australie », explique Fanny Douvere, responsable du programme maritime au Centre du patrimoine mondial de l’Unesco. Mais le pays a finalement fourni une réponse jugée « très sérieuse ». Dans un plan à long terme présenté en mars, l’Australie promet de réduire de 80 % d’ici 2025 la pollution de l’eau provenant des terres agricoles. L’investissement total pour la Grande barrière dans la décennie à venir devrait s’élever à 2 milliards de dollars.

L’Australie est revenue sur l’une des décisions les plus critiquées : elle a interdit le déversement des déchets de dragage dans les eaux de la Grande barrière de corail. Le gouvernement n’a cependant pas convaincu tout le monde dans son pays. Le plan à long terme, qui fixe des objectifs jusqu’en 2050, « est une bonne étape, mais doit encore trouver des financements. Il s’agit plus d’une liste de bonnes intentions que d’un véritable plan », critique Felicity Wishart, de l’Australian Marine Conservation Society. Le gouvernement « doit faire beaucoup plus sur le changement climatique », plaide-t-elle.

Greenpeace demande à Canberra d’abandonner ses projets de développement de mines de charbon et d’expansion portuaire. A peine la décision de l’Unesco tombée, le ministre australien de l’environnement s’est félicité dans un communiqué de « l’excellente nouvelle ». « C’est un formidable résultat » pour l’Australie, a-t-il vanté. Canberra restera cependant sous la surveillance de l’Unesco et devra rendre un premier rapport le 1er décembre 2016 puis présenter un bilan des actions réalisées en 2020.

Source : Le Monde

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que la page Milieu marin/Biodiversité.

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