Non, le Soleil ne causera pas un mini âge glaciaire en 2030

À en croire une publication récente d’un groupe de physiciens solaires, à partir de 2030, la Terre s’acheminerait vers un mini âge glaciaire similaire à celui du minimum de Maunder, survenu entre 1645 et 1715. En réalité, ces chercheurs se sont limités à prédire une baisse de l’activité du Soleil d’ici 15 ans et tout indique que ce phénomène n’affectera pas vraiment le réchauffement climatique en cours.

Il y a quelques jours, un simple communiqué de la fameuse Royal Astronomical Society (RAS) a eu un certain retentissement dans le village global qu’est devenue l’humanité grâce à l’Internet. L’article se contentait de mentionner que les travaux d’une brillante physicienne solaire formée en Ukraine, Valentina Zharkova, allaient être exposés lors d’un colloque le 9 juillet 2015. L’astrophysicienne et ses collègues avait en effet publié en 2014 un article dans le célèbre Astrophysical Journal dans lequel ils affirmaient avoir réussi à modéliser de façon remarquablement précise l’activité cyclique du Soleil.

On sait en effet, grâce à la compilation du nombre de taches solaires à la surface de notre étoile depuis l’époque de leur découverte par Galilée, qu’il existe un cycle de onze ans avec un maximum et un minimum de taches. Dans le cas présent, les chercheurs sont apparemment arrivés à reproduire très fidèlement (à 97 %) les observations concernant ce cycle entre 1976 et 2008. Fort de ce résultat, ils ont donc extrapolé dans le futur les prédictions de leur modèle qui est basé sur l’existence de non pas une mais deux dynamos autoexcitatrices, similaires à celle à l’origine du champ magnétique de la Terre, dans les entrailles du Soleil.

Comme d’autres physiciens solaires avant eux, Zharkova et ses collègues sont arrivés à la conclusion que l’on allait vers une baisse importante du nombre de taches solaires et même vers leur disparition temporaire, dans les décennies à venir. Si tel est bien le cas, il s’agirait donc d’un phénomène qui s’est déjà produit de 1645 à 1715. Pendant cette période, aucune tache n’a en effet été observée sur le Soleil. Or, curieusement, cette absence d’activité de notre étoile a coïncidé avec une période de grand froid sur la Terre. Baptisée le minimum de Maunder, cette interruption du cycle solaire semble bien corrélée avec ce que les climatologues appellent le petit âge glaciaire.

Soleil

Le communiqué de la RAS se contentait de mentionner que nous allions peut-être vers un nouveau minimum de Maunder mais il n’a pas fallu longtemps pour que certains médias s’en emparent et proclament l’avènement d’un petit âge glaciaire. Bien évidemment, la possibilité que cela puisse invalider les inquiétantes prédictions du GIEC a tout de suite été également mentionné.

Valentina Zharkova ne cache pas qu’elle fait partie des climatosceptiques qui pensent que le réchauffement planétaire actuel n’est pas d’origine anthropique mais bien provoqué par l’activité du Soleil. Toutefois, elle se défend d’avoir voulu entrer dans le débat concernant le changement climatique. Il ne s’agissait pour elle que de la prédiction d’un nouveau minimum de Maunder, point.

En tout état de cause, les critiques portant sur un lien entre cette possible baisse de l’activité solaire prévue à partir de 2030 et un refroidissement conséquent de la température de la Terre n’ont pas tardé. Comme nous allons le voir, il n’existe en fait aucun argument permettant de conclure que la planète connaîtra un nouveau petit âge glaciaire à cette période.

En fait, la question de l’impact d’un nouveau minimum de Maunder sur les prédictions du GIEC a déjà été étudiée il y a plusieurs années par les climatologues. On peut citer en particulier les travaux de Georg Feulner et ses collègues, publiés en 2010. Ils aboutissent tous à la conclusion que la baisse de l’activité du Soleil conduira à une baisse de température de l’ordre de 0,3 °C tout au plus, qui sera largement compensée par les augmentations de température prévues au cours du XXIe siècle.

Ce n’est pas tout. On peut, comme Feulner l’a aussi fait en 2011 dans un autre article, contester le rôle du Soleil dans le refroidissement qui a surtout frappé l’Europe et l’Amérique du Nord au XVIIe siècle. Il semble que l’activité volcanique en soit en fait la véritable cause avec des injections de dioxyde de soufre dans l’atmosphère.

D’ici 15 ans, on saura si Valentina Zharkova et ses collègues ont vu juste mais il ne faut certainement pas s’attendre à une baisse de la température globale de la Terre.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les pages Astronomie/Physique et Risques majeurs.

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