Exoplanètes : une jeune Jupiter découverte avec une méthode inédite

Contrairement aux autres exoplanètes, cette planète d’à peine 20 millions d’années d’âge a été observée directement.

Un nouvel outil pour cartographier la galaxie. Une équipe d’astronomes a annoncé jeudi la découverte d’une planète assez semblable à notre Jupiter, située à 96 années-lumière. Elle a été trouvée avec une nouvelle méthode : observer directement la lueur de la planète plutôt que l’ombre qu’elle porte sur son étoile.

Jusqu’ici, les exoplanètes, c’est-à-dire les planètes situées en dehors de notre système solaire, étaient trouvées indirectement. Les astronomes scrutent une étoile lointaine et relèvent les variations dans sa luminosité. Si une « ombre » passe régulièrement devant l’étoile, on déduit qu’il s’agit en fait d’une planète passant entre son soleil et nous, un peu comme une éclipse. La méthode a fait ses preuves, permettant de découvrir plus de 1.000 exoplanètes, mais a deux défauts : l’observation est indirecte, et seules de grosses planètes passant pile entre leur soleil et nous peuvent être détectées.

Exoplanète 51 Eridani b

Exoplanète 51 Eridani b (Source : SETI Institute)

Deux défauts dont ne souffre pas un nouvel outil : le Gemini Planet Imager (GPI), installé l’an dernier sur un télescope géant du Chili avec comme objectif premier de trouver de nouvelles planètes. Son point fort : il peut « gommer » la luminosité d’une étoile pour discerner celle, un million de fois plus faible, de ses planètes. « Cela revient à regarder une luciole près d’un projecteur, à un kilomètre de distance et à travers un verre d’eau », illustre auprès du Washington Post l’un des astronomes impliqués dans la découverte, publiée jeudi dans la revue Science. Dans son exemple, le verre d’eau est l’atmosphère terrestre, dont les perturbations sont elles aussi corrigées par GPI.

Résultat : la nouvelle planète, baptisée 51 Eridani b, est sans doute la plus petite exoplanète jamais détectée, avec une masse deux fois plus grosse que notre Jupiter. Ce qui représente un grand pas en avant, car elle est du coup semblable aux géantes gazeuses de notre système solaire, et peut nous aider à mieux comprendre le processus de formation de telles planètes.

Car regarder 51 Eridani b, c’est observer le passé : son étoile n’est vieille que de 20 millions d’années – quand elle est née, les dinosaures étaient déjà éteints depuis bien longtemps. La nouvelle planète est donc toute jeune, et l’observation de son atmosphère, là aussi permise par GPI, sera riche en enseignements. D’autant plus que son système solaire est doté, comme le nôtre, de deux ceintures d’astéroïdes, une proche de son soleil, l’autre plus éloignée.

GPI compte passer au crible six cents étoiles, et n’a jeté un œil pour l’instant qu’à une centaine d’entre elles. Autant dire qu’on n’a pas fini d’ajouter des portraits au grand trombinoscope des exoplanètes.

Source : 20 Minutes

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « Promenade spatiale au fil des ondes« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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