D’ici 2050, plus de 99% des oiseaux marins auront avalé du plastique, selon une étude

Selon une étude parue cette semaine, les océans sont désormais envahis par le plastique et il est « virtuellement certain » que d’ici 2050, la quasi totalité des oiseaux marins en auront déjà avalé.

C’est une nouvelle sonnette d’alarme que viennent de tirer des chercheurs australiens et britanniques. Dans une récente étude, ceux-ci dénoncent la pollution au plastique des océans et l’impact préoccupant qu’elle a sur les oiseaux marins. Selon eux, près de 90% de ces animaux auraient déjà avalé du plastique aujourd’hui et le phénomène va continuer de s’accentuer au cours des prochaines années.

D’après une récente estimation, huit millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans. Une fois abandonnés, les déchets sont baladés à travers les eaux par les courants où ils finissent de façon inévitable par rencontrer des espèces marines, y compris les oiseaux comme les albatros, mouettes ou encore les manchots.

« Chaque océan est maintenant rempli de plastique. Certains en ont plus que d’autres, mais nous avons constaté que même les océans qui ne sont pas connus pour leur plastique, en ont quand même et ils peuvent constituer un endroit dangereux, simplement parce que c’est là que tous les oiseaux vivent », a expliqué le Dr Erik Van Sebille, qui a participé à l’étude.

Déchets plastiques océans

Pour évaluer l’impact de cette pollution sur les oiseaux de mer, les chercheurs ont passé en revue plusieurs décennies d’études portant sur pas moins de 135 espèces. Ils ont ainsi constaté que les données suggèrent qu’en 1960, moins de 5% des oiseaux retrouvés morts avaient des fragments de plastique dans l’estomac. Aujourd’hui, le chiffre serait passé à près de 90%.

« Le plastique chez les oiseaux marins est omniprésent et il augmente », a commenté pour BBC News Chris Wilcox, de l’agence de recherche fédérale australienne, le CSIRO. Pour aller plus loin, l’équipe a extrapolé les données et a émis une estimation préoccupante : selon eux, d’ici 2050, plus de 99% des oiseaux marins auront ingurgité du plastique.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont pris en compte le comportement de recherche de nourriture de quelque 400 espèces d’oiseaux marins ainsi que les zones océaniques connues pour être concernées par la pollution au plastique. Ils ont alors mis en évidence les zones les plus à risque qui ne sont pas les zones connues sous le nom de « plaques de déchets ».

Il s’agit plutôt des régions où les oiseaux marins sont les plus nombreux, regroupées sous une bande allant de l’Australie à l’Amérique du sud, en passant par l’Afrique du sud.

Depuis la commercialisation du plastique dans les années 1950, la production a doublé tous les 11 ans, indique l’étude parue dans les Comptes rendus de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS). « Toutefois, entre 2015 et 2026, la quantité totale de plastique produite sera équivalente à tout ce qui a déjà été fabriqué » depuis le début de la production de plastique, affirment les chercheurs.

Si la tendance est préoccupante, elle n’est pas irréversible, selon l’équipe de Chris Wilcox. Il suffirait ainsi que l’on parvienne à réduire le flot annuel de plastique qui contamine les océans chaque année, les oiseaux de mer ayant la capacité de se remettre relativement vite. « L’exposition au plastique s’avère être un indicateur fort de la quantité de plastique que les oiseaux ont en eux », a relevé le Dr Wilcox.

« De fait, plus il y a de plastique auquel ils sont exposés, plus ils en ingèrent – cela implique que si nous réduisons la quantité de plastique abandonnée dans les océans, nous pourrions espérer que toutes ces espèces y réagissent essentiellement. Cela rend ce problème différent d’autres choses comme le changement climatique. Il devrait être relativement facile à réparer « , a-t-il affirmé.

Selon les chercheurs, même des mesures simples pourraient avoir un résultat positif. « Les efforts pour réduire le plastique abandonné dans l’environnement en Europe a conduit à des changements mesurables du plastique trouvé dans l’estomac des oiseaux en moins d’une décennie. Ceci suggère que des améliorations de la gestion basique des déchets peut réduire le plastique dans l’environnement sur une courte période », a conclu le Dr Denise Hardesty du CSIRO.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que les pages Milieu marin/Biodiversité et Environnement/Santé.

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