Pour lutter contre la pollution, la Chine veut fermer un millier de mines de charbon en 2016

L’administration chinoise espère réduire les niveaux de pollution de l’air à Pékin, encore sept fois supérieurs aux normes de l’OMS.

Malgré deux alertes rouges à la pollution atmosphérique déclenchées en décembre, l’air de la capitale chinoise s’est amélioré sur l’ensemble de l’année 2015, selon les autorités locales. La concentration de particules fines (PM2,5) dans l’air a atteint 80,6 microgrammes par mètre cube (μg/m3) en moyenne sur l’ensemble de l’année écoulée. Cela correspond à une baisse de 6,2 % par rapport à 2014 et de 10 % par rapport à 2013, première année où étaient publiés ces relevés de qualité de l’air, sous la pression d’une opinion publique inquiète et informée par les réseaux sociaux. A titre de comparaison, la concentration moyenne de PM2,5 était de 15 μg/m3 sur la station de mesure de Paris centre sur l’année 2014, selon les bilans d’Airparif.

La dépendance au charbon est la cause principale de cette lourde pollution. Le pays estime qu’il consommera 3,96 milliards de tonnes de charbon cette année, ce qui permettrait déjà de réduire la part de cette source à 62,6 % de son mix énergétique à la fin 2016, contre 64,4 % à l’heure actuelle. L’administration chinoise de l’énergie a annoncé le 29 décembre un moratoire sur l’ouverture de nouvelles mines de charbon jusqu’en 2019. Le pays ambitionne également de fermer un millier de mines en 2016, un chiffre équivalent au nombre de houillères déjà closes en 2015.

Ce plan permettra au pays de réduire ses capacités d’extraction de charbon de 60 millions de tonnes par an, à l’heure où les mines du pays, souffrant d’importantes surcapacités en phase de ralentissement économique, sont en crise. Le plus important acteur minier du nord-est du pays, le groupe public Longmay, a supprimé 100 000 emplois au cours de l’automne alors que le cours du charbon a chuté.

Pollution Pékin 08/12/2015

Un homme porte un masque pour se protéger de l’épais brouillard toxique qui submerge Pékin le 8 décembre 2015 (Source : AFP).

Une journée jugée « sûre » à Pékin par l’administration chinoise doit afficher une concentration de particules fines inférieure à 75 μg/m3. La ville a enregistré 186 journées respectant ce standard national en 2015, soit quatorze de plus qu’en 2014.

Mais le niveau de pollution de l’air pékinois reste cependant sept fois supérieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. La capitale chinoise dit travailler à un plan qui lui permettrait de chuter en 2030 à une concentration de PM2,5 de 35 μg/m3 d’air en moyenne annuelle, qui sera rendu public avant la fin de l’année. A plus court terme, le gouvernement central lui impose de tomber à une concentration de 60 μg/m3 en 2017, qui semble extrêmement difficile à atteindre en un délai si bref.

C’est que le gouvernement central exige des résultats en urgence. La municipalité s’était trouvée sous le feu des critiques pour n’avoir pas déclenché le plus haut niveau d’alerte à la pollution de l’air alors que la deuxième ville la plus peuplée de Chine avait sombré dans un « smog » jaunâtre à la fin novembre 2015. Le ministre de l’environnement, Chen Jining, s’en était alors pris aux autorités locales, invitées à « examiner leurs mesures de réaction d’urgence et à s’interroger sur leurs déficiences ». La ville était par la suite passée à deux reprises au palier rouge dans le courant du mois de décembre.

Ces épisodes ont plombé les performances de la ville alors qu’elle était en passe de faire chuter son niveau de pollution de l’air de 20 % sur l’ensemble de l’année avant novembre, s’est lamenté le directeur de son Centre de contrôle de l’environnement, Zhang Dawei, cité par la presse officielle.

La capitale chinoise s’est lancée dans un effort majeur depuis que le premier ministre, Li Keqiang, a déclaré en mars 2014 une « guerre contre la pollution ». Sur ses quatre principales centrales au charbon, une a été fermée en 2014, deux autres en mars 2015 et la dernière doit l’être cette année pour être remplacées par des centrales au gaz.

Toutefois, souligne Ma Jun, fondateur de l’Institut d’affaires publiques et environnementales, la pollution arrivant sur Pékin provient de plus loin, de centrales thermiques et d’usines métallurgiques des provinces environnantes du Hebei ou du Shanxi où elles portent l’économie, ce qui rend l’effort plus difficile. « Il y a d’importants transferts de pollution, il faut s’attaquer à ces sources », explique M. Ma.

Source : Le Monde

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Regards sur la pollution« , ainsi que les pages Environnement/Santé et Risques majeurs.

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