Un institut de recherche français accusé du brevetage d’une molécule en Guyane

L’IRD a déposé une demande de brevet pour une molécule utilisée dans les traitements anti-paludisme en Guyane.

L’association France libertés et la collectivité territoriale de Guyane ont lancé une lourde charge contre l’Institut de recherche pour le développement (IRD), qu’elles accusent d’avoir utilisé des savoirs traditionnels dans le but d’isoler une molécule antipaludique faisant l’objet d’une demande de brevet.

France Libertés a déposé en octobre 2015 une opposition à la demande de brevet déposée par l’IRD concernant la molécule « Simaliukalactone E » (issue de la plante Quassia Amara) a indiqué le directeur de France Libertés, Emmanuel Poilane. Ce brevet accorderait à l’institut un monopole d’exploitation commerciale de 20 ans estime l’ONG « L’utilisation des connaissances traditionnelles sans leur consentement préalable » ou « l’absence totale de retour pour le territoire » sont les arguments de contestation de Rodolphe Alexandre, président de la collectivité territoriale de Guyane, qui s’est opposé à ce brevetage dans un communiqué. Les parlementaires guyanais et le sénateur Antoine Karame, ont également demandé que l’IRD renonce au dépôt du brevet et recommandent une démarche respectueuse de l’esprit de la future loi sur la biodiversité.

Quassia Amara

Quassia Amara

Pour le patron de l’IRD, il s’agit désormais de trouver un équilibre entre les besoins de la recherche, la reconnaissance des savoirs traditionnels et l’accès des populations du sud aux éventuels traitements. Selon Jean-Paul Moatti, PDG de l’IRD, « il n’y a aucune autre solution que de breveter la molécule », en précisant que le brevet ne concerne pas la plante elle-même. Cette molécule est utile pour développer un traitement anti-paludisme, maladie à laquelle sont exposées 3,2 milliards de personnes dans le monde selon l’OMS. Des traitements existent déjà mais « des résistances ont commencé à apparaître», rappelle Jean-Paul Moati qui estime « qu’il serait grave de bloquer le développement d’un nouveau médicament ».

Le projet de loi sur la biodiversité, qui doit revenir à l’Assemblée Nationale après un vote au Sénat la semaine dernière, prévoit de lutter contre la « biopiraterie » en encadrant l’utilisation des savoirs traditionnels par les chercheurs et les entreprises, notamment pharmaceutiques.

Source : 20 Minutes

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Plantes médicinales/Alicaments.

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