L’arme secrète des virus géants percée à jour !

Une équipe française vient de découvrir chez des virus géants un système de défense inédit, qui offre des perspectives enthousiasmantes !

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour la microbiologie. Des chercheurs de l’IHU Méditerranée infection ont mis en évidence chez des virus géants, le premier système immunitaire qui les rend invulnérables aux virus prédateurs. Leur résultat vient d’être publié dans Nature.

Il y a quatorze ans, les chercheurs de cette même unité spécialisée sur les maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté de médecine de Marseille s’étaient déjà fait remarquer en identifiant le premier « virus géant » de l’histoire. Depuis le XIXe siècle, il était admis que les virus étaient trop minuscules pour être visibles au microscope standard, jusqu’à ce que l’équipe du professeur Didier Raoult mette en évidence l’existence d’un virus géant, au génome plus gros que celui de certaines bactéries. Facétieusement baptisée « Mimivirus » par Didier Raoult, sa découverte avait produit l’effet d’une bombe chez les microbiologistes.

Virophages

Illustration de virophages à l’assaut d’un virius géant. L’équipe du Pr Didier Raoult vient de mettre en évidence le mécanisme de défense des mimivirus contre ces agresseurs.

Quelque temps plus tard, le même laboratoire isolait un deuxième virus géant qui présentait une particularité supplémentaire, celle d’être infectée par un autre virus, un parasite de virus en quelque sorte, appelé « virophage ». Ce qui avait aussitôt rallumé le débat sur la nature des virus et la place à donner à ces étranges objets biologiques dans la famille des microbes.

Depuis, d’autres virus géants ont été mis au jour, baptisés au gré de l’imagination de leurs découvreurs : « Faustovirus », « Marseillevirus », « Mobilivirus » ou encore « Pandoravirus ». Mais en décortiquant le mécanisme de résistance aux virophages, l’équipe marseillaise est tombée sur un système de cannibalisation de l’agresseur proche du système immunitaire des bactéries, appelé CRISPR, qui les protège des virus infectants. Un mécanisme que les chercheurs ont baptisé « mimivire » et qui consiste, comme c’est le cas pour les bactéries, à cannibaliser leur agresseur. Plus précisément, « ils cannibalisent une séquence de son ADN, dont ils vont se servir comme d’un leurre pour harponner un nouveau virus entre deux enzymes afin de le découper, explique le professeur Raoult.

C’est tout l’intérêt de la nouvelle découverte. Car “le système de défense bactérien CRISPR a généré une technique de génie génétique révolutionnaire qui permet aujourd’hui de manipuler facilement toutes les cellules, y compris humaines, en remplaçant un gène ou un morceau de gène”, ajoute Didier Raoult. Mimivire pourrait donc se révéler un outil aussi puissant et efficace que les ciseaux moléculaires CRISPR, dont l’Amérique et l’Angleterre se disputent âprement la propriété intellectuelleAvec Mimivirus et son bouclier antivirophage, ce sont des chercheurs français qui viennent d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la biologie.

Source : Le Point

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