Des chercheurs créent une bactérie en laboratoire avec moins de 500 gènes

Des chercheurs du John Craig Venter Institute (JCVI), aux États-Unis, sont parvenus à concevoir une bactérie minimale, capable de survivre, grandir et se reproduire avec un total de 500 gènes. Une incroyable performance.

Difficile désormais de parler de génétique sans évoquer le nom du très charismatique John Craig Venter. Ce célèbre biologiste et homme d’affaires américain, pionnier du séquençage de l’ADN, s’est en effet de nombreuses fois imposé avec son équipe dans ce secteur de la recherche.

Aujourd’hui, il revient une nouvelle fois sur le devant de la scène avec une incroyable avancée : une cellule bactérienne minimale tout juste dotée d’un nombre de gènes suffisant pour survivre, grandir et se reproduire. La forme de vie, baptisée Syn 3.0, a été créée dans les laboratoires californiens du John Craig Venter Institute (JCVI) aux États-Unis.

Pour en arriver à un tel exploit, les chercheurs ont éliminé petit à petit les gènes d’un micro-organisme pour lui laisser seulement le nécessaire. « La meilleure façon de comprendre la vie, c’est de créer le génome le plus simple », a ainsi illustré Craig Venter à l’AFP.

JCVI-Syn3.0

Cellules bactériennes Syn 3.0 (Source : JCVI).

« Si on ne comprend pas comment vole un Boeing 777, on retire des pièces une à une, jusqu’à ce que l’avion ne puisse plus voler », a-t-il ajouté. L’expérience a été menée sur un organisme particulier, à savoir Syn 1.0. Présenté en 2010 par l’équipe du JCVI, il s’agit de la première cellule vivante possédant un génome totalement synthétisé.

Les gènes de Syn 1.0 ont été totalement reconstruits par synthèse informatique et chimique. Ils représentent une copie de ceux de la bactérie parasite Mycoplasma mycoides, connue pour posséder le plus petit génome parmi toutes les cellules vivantes capables de s’auto-reproduire.

Six ans ont été nécessaires pour ôter au génome bactérien de Syn 1.0 tout le matériel génétique non essentiel à la vie. Pour ce faire, les chercheurs ont procédé par essais, éliminant un à un les gènes et faisant marche arrière dès que la bactérie n’était plus viable.

Selon leurs résultats, publiés dans la revue Science, sur un génome de base de 901 gènes, le bagage génétique minimal du micro-organisme vivant s’élève pour le moment à un total de 473. Cette proportion pourrait même être encore revue à la baisse, affirment les auteurs.

Outre l’importance de la performance et de ce qu’elle représente, l’avancée ouvre de nouvelles possibilité pour les biologistes. « Il s’agit avant tout de recherche fondamentale », explique Clyde Hutchison, un des auteurs principaux.

Il conclut : « Nous voulions comprendre de quoi est faite la vie, découvrir le « jeu de commandes génétiques » le plus simple qui soit capable d’animer une cellule ». La prochaine étape sera pour lui et ses collègues de déterminer le rôle de 149 gènes de Syn 3.0 qui reste pour le moment inconnu.

Source : Maxisciences

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