Frappée par le blanchissement, la Grande Barrière de corail inquiète les scientifiques

Une nouvelle étude aérienne menée sur une portion de la Grande barrière de corail dévoile des résultats très préoccupants sur le blanchissement des récifs.

A l’heure de dresser le bilan sur la santé des écosystèmes marins, un nouveau rapport centré sur la Grande barrière de corail dévoile une fois encore des résultats accablants. Ils ont été obtenus en survolant à l’aide d’avions et d’hélicoptères 520 récifs du détroit de Torrès, entre l’Australie et l’île de Nouvelle-Guinée.

Selon les auteurs de l’enquête, entre 90 et 100% des coraux observés sur cette portion seraient actuellement atteints de blanchissement. « C’est le plus triste voyage de recherche que j’ai jamais fait », relève Terry Hughes, chercheur à l’Université James Cook de Townsville, en Australie et membre de l’équipe.

Le phénomène de blanchissement se manifeste sous la forme d’une décoloration de l’organisme témoignant de son dépérissement. En cause : l’expulsion des algues symbiotiques qui vivent au sein même des tissus des animaux, leur conférant ainsi une source de nutriments. Plusieurs variations environnementales peuvent amener à une telle situation.

Grande barrière de corail Australie

Image prise depuis l’ISS, d’une partie de la Grande Barrière de corail.

Les biologistes marins pointent notamment du doigt les changements de températures, de la salinité, du degré d’irradiance solaire ou encore de la disponibilité des ressources nutritives. Dans le cas présent, le responsable serait principalement le réchauffement de l’eau, une augmentation estimée à plus d’un degré en moyenne depuis la mi-janvier.

Si le blanchissement des coraux n’est pas irrémédiable, le phénomène peut dans la durée faire mourir une grande partie du récif. Aussi, chaque nouvelle observation sur sa progression alimente les préoccupations. « Nous observons des niveaux énormes de blanchissement dans la portion d’un millier de kilomètres dans le nord de la Grande barrière », met en garde Terry Hughes.

« Cela risque de changer pour toujours la Grande barrière de corail », poursuit-il. Selon l’expert, le Sud de la Grande barrière aurait pour le moment été préservé de l’élévation des températures, et par conséquent du blanchissement, grâce à la météo nuageuse. On ne peut pas dire de même de la portion Nord dont aucun récif n’a été épargné.

« Le blanchissement est plus grave que lors des épisodes de 2002 ou 1998 », assure Terry Hughes. Une aggravation qui pourrait être lié au phénomène El Niño plus intense cette année. « Encore plus préoccupant, nous n’avons pas encore trouvé la limite sud du blanchissement », ajoute-t-il.

Avec ses collègues, il compte au cours des prochains mois poursuivre les observations aériennes. Mais la gravité de la situation a d’ores et déjà amené les autorités du parc marin de la Grande Barrière à faire preuve de vigilance accrue. Le niveau d’alerte a été élevé au maximum.

La Grande Barrière de corail est le plus grand récif corallien du monde avec un superficie qui dépasse les 300.000 kilomètres carrés. Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, elle abrite quelque 400 espèces de coraux et 1.500 espèces de poissons.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que les pages Risques majeurs et Mileu marin/Biodiversité.

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