Des pistes pour recycler le plastique

Des start-up et des laboratoires de recherche élaborent des solutions pour réutiliser ou dégrader ces matériaux inusables.

Près d’un tiers de la masse des plastiques utilisée chaque année finit dans la nature. Ce n’est donc pas une mince affaire que d’arrêter la pollution des sols et surtout des mers où un sixième continent de plastique dérive déjà dans l’océan Pacifique. D’autant plus que les quantités, en nette croissance, qui « ont atteint 311 millions de tonnes en 2014, doivent encore doubler dans les vingt prochaines années », estime un récent rapport de l’OMC cosigné par la navigatrice Ellen Mac Arthur, dont la fondation promeut l’économie circulaire. Le problème pour l’environnement est d’autant plus pressant que l’essentiel des éléments de base du plastique sont issus d’hydrocarbures.

Plusieurs méthodes sont proposées pour recycler ou rendre les plastiques « mieux » digérables par l’environnement. Parmi les solutions les plus élégantes, des chercheurs de l’Institut de technologie de Kyoto, des chimistes de l’université Keio à Yokohama et de Tokyo, ont trouvé une famille de bactéries qui se nourrissent naturellement de plastique et restituent les éléments de base (monomères) du PET, connu par les chimistes sous son nom barbare de Polyéthylène téréphtalate. « Il faut ajouter le micro-organisme pour dégrader le PET ou plus précisément pour le décomposer à nouveau en ses deux monomères de départ, l’acide téréphtalique et l’éthylène glycol. C’est une solution de recyclage centralisée », détaille Franck Dumeignil, professeur à l’Université Lille 1. Il serait donc possible de créer un cercle vertueux en collectant les plastiques et en les recyclant grâce à ce procédé.

Sacs plastiques

Dans la même idée, une jeune entrepreneuse, française d’origine, a créé au Québec une start-up qui s’occupe du recyclage du polystyrène expansé. L’inconvénient de ce plastique, utilisé notamment pour protéger des appareils ou servir de glacière à poissons, est qu’il a une faible densité (un poids faible en regard de son volume). « Après avoir fait travailler trois chimistes, un quatrième a trouvé une méthode de dissolution du polystyrène dans une sorte de térébenthine, explique Solenne Brouard, fondatrice de Polystyvert. Il est ainsi possible de le dissoudre dans ce liquide. Et de récupérer dans notre site de recyclage les éléments constitutifs du polystyrène, en chauffant à 30°C cette solution ». Cette technique a « trouvé des investisseurs, notamment sur le site les anges et les entrepreneurs », explique la présidente.

Par ailleurs, la société britannique Polymateria, fondée en novembre 2015 sur les cendres d’Ecoverde, a élaboré un additif à ajouter au PET. Avec cette méthode, le plastique peut se dégrader en dix-huit mois ou deux ans, au contact de l’air, de l’eau et des bactéries communes dans le sol. « Cette technologie est destructive et délocalisée, commente le chimiste Franck Dumeignil. Car le plastique contient dès le départ sa mort programmée en son sein ». Une interrogation demeure. Cette dégradation va-t-elle créer de petites molécules qui vont s’évaporer dans l’atmosphère, s’interrogent des experts ?

Source : Le Figaro

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Environnement/Santé.

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