Le plancton géant se laisse photographier

Rhizaria, un plancton géant que les biologistes jugeaient jusque-là très minoritaire, constituerait en fait plus de 30% de ces organismes marins indispensables à la vie. De quoi chambouler notre vision de la biodiversité des océans.

Les spécialistes avaient l’habitude de le négliger… bien à tort. Rhizaria, une espèce de plancton géant de la taille d’un centimètre, formerait en fait près d’un tiers de la masse des planctons de grande taille ! Et pèserait ainsi très lourd dans la composition de ces organismes marins indispensables à la vie des très nombreuses espèces marines qui s’en nourrissent.

Ces estimations surprenantes viennent d’être publiées dans la revue Nature du 20 avril 2016. Elles sont basées sur les mesures effectuées lors de onze campagnes océanographiques aux quelles a participé le voilier Tara. Elles suggèrent même que cette espèce pourrait représenter 5% de la biomasse totale de l’océan qui va du plus petit être vivant marin aux baleines !

Rhizaria

Trois Rhizaria observés en microcopie optique (Source : Station biologique de Roscoff/CNRS/UMPC).

De quoi contraindre les scientifiques à repenser la contribution des océans aux grands cycles biologiques et géochimiques. Car les organismes planctoniques, minuscules mais très nombreux, produisent la moitié de l’oxygène de la planète et constituent la base de la chaîne alimentaire dans l’océan.

Comment un tel « oubli » a-t-il été possible ? Tout simplement par un changement de technique dans la façon de recueillir le plancton. En effet, la collecte – puis l’analyse – s’effectuait jusqu’alors à l’aide de filets qui détruisaient systématiquement cet organisme à cause de sa structure fragile. Or l’utilisation d’une nouvelle caméra sous-marine depuis 2008 pour l’observation des océans a changé la donne. L’équipe du CNRS, de l’UPMC et de l’institut allemand GEOMAR – qui a analysé près de 2 million d’images – affirme que le Rhizaria est de façon inattendue une des grandes stars de l’océan.

Cette étude met aussi en évidence la préférence de Rhizaria pour les eaux pauvres en éléments nutritifs au centre des grands océans. Ce plancton semble en effet avoir développé la capacité de vivre en symbiose avec des micro-algues qui lui fourniraient les aliments nécessaires à son développement.

Malgré l’avancée que représente l’utilisation de caméras en lieu et place de filets, ces recherches montrent que l’océan reste un milieu difficile à observer et que la caractérisation des nombreuses formes de vie marine reste un défi scientifique majeur.

Source : Science & Avenir

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que la page Milieu marin/Biodiversité.

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