Une exoterre près de chez nous, autour de Gliese 832 ?

Situé à 16 années-lumière, le système Gliese 832 cache peut-être, entre les deux superterres déjà découvertes, une planète rocheuse ressemblant à la Terre. En examinant les paramètres orbitaux connus, des astronomes ont tenté de dresser le profil de cette hypothétique exoplanète.

En vingt ans, plus de 2.000 planètes ont été débusquées autour d’autres étoiles que le Soleil, dans notre Galaxie (2.108 le 20 avril 2016). Bien entendu, pour les chasseurs d’exoplanètes (et même l’humanité dans son ensemble), la quête du graal est la découverte d’autres mondes habitables et habités, arborant des biosignatures. La question que tout le monde se pose est : où se trouvent nos plus proches voisins ?

Certes, pour l’instant, ils n’ont pas encore été trouvés, mais l’enquête avance. Une des premières pistes explorées est logiquement le système le plus proche de nous : Alpha du Centaure, situé à quelque 4,3 années-lumière. Une campagne de fouille nommée Pale Red Dot, follow a live planet hunt ! (dont chacun peut suivre les étapes sur Internet) s’intéresse en particulier à Proxima, l’étoile la plus pâle du système, autour de laquelle semble tourner une planète de masse terrestre. Le volet des observations vient de s’achever et il faudra attendre la fin de l’étude des nombreuses données collectées pour enfin connaître les résultats.

Gliese 832c

Illustration de la superterre Gliese 832c. À l’arrière-plan : photo de Gliese 832, naine rouge visible dans la constellation australe de la Grue, à 16 années-lumière de la Terre. (Source : Astronomical Society of the Caribbean/PHL/UPR Arecibo)

Il faut aller un peu plus loin, pour trouver les premières candidates potentiellement habitables. Parmi elles, la superterre Wolf 1061c (à 13,8 années-lumière). Citons aussi Kapteyn b, une superterre à seulement 13 années-lumière de la Terre, dont la particularité est d’appartenir à un système âgé de 11,5 milliards d’années (plus du double de l’âge du Soleil).

À environ 16 années-lumière de la Terre, le système de Gliese 832, une naine rouge de taille et de masse moitié moindre (45 %) de celle de notre étoile, qui brille en direction de la constellation australe de la Grue, suscite l’attention des astronomes. Autour d’elle, deux superterres ont déjà été repérées. Gliese 832b, découverte en 2008, et Gliese 832c, en 2014. La première, qui affiche 0,64 fois la masse de Jupiter, se promène à trois fois et demie la distance entre la Terre et le Soleil (3,53 unités astronomiques, ou UA). La seconde, d’une masse estimée à 5 fois celle de notre Planète, est beaucoup plus proche (0,16 UA soit environ 24 millions de kilomètres), juste sur le bord intérieur de la zone habitable de ce système planétaire.

Exoplanètes potentiellement habitables

Tableau répertoriant les exoplanètes potentiellement habitables connues les plus proches de notre Système solaire. (Source : PHL/UPL Arecibo)

Une équipe dirigée par Suman Satyal, de l’université du Texas, s’est interrogée sur la possibilité qu’une planète plus petite puisse se cacher quelque part dans cette zone tempérée qui s’étend jusqu’à près de 60 millions de kilomètres (ce qui correspond à l’orbite de Mercure, 0,38 UA). En attendant de l’observer, si bien sûr elle existe (à l’instar de la planète X dans notre Système solaire), les chercheurs ont engrangé les données sur ces deux planètes déjà connues afin de contraindre via des simulations qu’ils ont mis au point, certains paramètres physiques de cette hypothétique planète.

A priori, dans les conditions d’un système avec des orbites stables, il y a de la place pour un corps rocheux de 1 à 15 masses terrestres, entre 0,25 et 2 UA. « Nous avons obtenu plusieurs courbes de vitesses radiales pour les masses et les distances variables de la planète intermédiaire » indiquent les astronomes dans le préambule de l’article scientifique qu’ils ont déposé sur arXiv. Par exemple, si cette planète se trouve, comme chez nous, à 1 UA de son soleil – autrement dit hors de la zone habitable autour de Gliese 832 –, sa masse vaudrait 10 fois celle de la Terre et sa vitesse radiale serait de 1,4 mètre par seconde (celle de la Terre est de 0,14 mètre par seconde). L’équipe précise qu’il faudra de nombreuses observations (vitesse radiale, directe, transit) pour espérer identifier cette possible exoterre. Ensuite, qui sait, peut-être figurera-t-elle sur la liste des prochaines explorations des nanosondes du projet Breakthrough Starshot, initié par Stephen Hawking et Youri Milner, dont la première destination devrait être Alpha du Centaure.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Question d’espace » et « La recherche de la vie dans l’Univers« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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