Les animaux des forêts aussi influent sur le climat

Les grands animaux des forêts tropicales jouent un rôle clé dans l’atténuation du changement climatique : en consommant les fruits des arbres et en répandant leurs graines possèdent une grande capacité de stockage du carbone. On commence à comprendre ce mécanisme subtil, qui varie selon les histoires évolutives des forêts sur différents continents.

Sous l’effet combiné de la déforestation, de la chasse, des plantations ou encore de la fragmentation de l’habitat par l’Homme, les forêts tropicales font face, pour 88 % d’entre elles, à une perte de diversité animale au sein de communautés écologiques, un phénomène appelé « défaunation ».

Parmi les animaux les plus vulnérables à ces perturbations humaines de l’écosystème tropical figurent ceux qui dispersent les graines d’espèces végétales capables de stocker d’importantes quantités de carbone. La défaunation constitue donc une menace pour le stockage de ce carbone dans les forêts tropicales, mais une grande partie de cette compréhension est dérivée de tendances observées dans les seules forêts d’Amérique du Sud.

Ouakari chauve

Espèce classée comme vulnérable dans la liste rouge de l’UICN (2008) à cause de la chasse et de la destruction de son habitat, le ouakari chauve (Cacajao calvus) se nourrit surtout de graines et contribue ainsi à la dissémination des arbres tropicaux du Brésil, de Colombie et du Pérou.

Pour obtenir une vision à l’échelle de la planète plus réaliste, une recherche codirigée par l’université de Leeds, au Royaume-Uni, a rassemblé des experts d’une quinzaine d’organismes de divers pays (Australie, Costa Rica, Inde, Malaisie, République du Congo, etc.). À l’aide d’un ensemble pantropical de données et de simulations, les scientifiques ont étudié la façon dont la capacité à stocker du carbone chez les espèces d’arbres disséminées par de grands animaux différait de celles dispersées par de petits animaux ou via d’autres vecteurs, comme le vent ou la gravité.

Publiés dans Nature Communications, les résultats montrent que les forêts tropicales américaines, africaines et sud-asiatiques, caractérisées par une forte proportion d’espèces animales disséminatrices de graines, révèlent des pertes de carbone significatives, de 2 à 12 %. En d’autres termes, le déclin des grands animaux se traduira par des forêts moins fournies en grands arbres et donc par une diminution du carbone stocké dans le bois au fil du temps.

En revanche, les sylves d’Asie du sud-est et du continent australien, plus dépendantes des alizés et de la gravité pour la dispersion des graines, affichent aucune ou très peu de perte de carbone stocké, voire un léger gain (± 1 %).

Pour les auteurs, à l’échelle de la Terre, la défaunation engendre donc des réponses régionales différentes au niveau du stockage du carbone, selon les compositions floristiques et les modes de dispersion des graines des espèces végétales.

Pour que les forêts tropicales restent parmi les plus grands réservoirs terrestres de carbone et, de fait, des régulateurs du changement climatique, les politiques doivent se concentrer sur la sauvegarde des forêts, mais aussi sur la protection des animaux qui disséminent leurs graines.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Milieu marin/Biodiversité.

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