En ville, 8 habitants sur 10 respirent un air trop pollué

La qualité de l‘air ne respecte pas les limites fixées par l’OMS, qui révèle qu’entre 2008 et 2013 les niveaux mondiaux de pollution atmosphérique en ville ont augmenté de 8%.

Ce n’est pas nouveau: l’air des villes est pollué. Sur cette question, l’étude sur la qualité de l’air des zones urbaines dans le monde publiée jeudi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) nous apprend peu de choses. Ce qu’elle révèle, en revanche, c’est que malgré de fortes disparités selon les pays, une grande partie des villes de la planète affichent de niveaux de pollution au-delà des seuils recommandés.

Pour cette nouvelle série statistique, l’OMS a pu comparer des données couvrant 795 villes de 67 pays, de 2008 à 2013. Elle concerne les taux de concentration en petites particules (PM10, au diamètre inférieur à 10 microns) et particules fines (PM2,5, au diamètre inférieur à 2,5 microns). Ces données ont été recueillies par des bornes de mesures, qui se multiplient depuis plusieurs années, ou par les données transmises par les autorités de chaque pays à l’OMS.

À l’échelle mondiale, 80% des personnes vivant dans des zones urbaines sont exposées à des niveaux de qualité de l’air ne respectant pas les limites fixées par l’OMS. Ces valeurs maximales recommandées sont de 10 microgrammes/m3 en moyenne annuelle pour les particules fines, et 20 microgrammes/m3 pour les petites particules.

Pollution Mexico 05/05/2016

Un cycliste circule avec un masque pour se protéger lors d’un pic de pollution, le 5 mai à Mexico, au Mexique (Source : Ruters).

En Europe, seule quelques capitales occidentales se situent en dessous de ce seuil, bien que le dépassement des taux ne soit pas aussi élevé que dans d’autres régions.

Si toutes les grandes villes de la planète sont concernées, les niveaux de pollution atmosphérique les plus importants sont relevés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ainsi, d’après l’étude, 98% des villes de plus de 100.000 habitants y dépassent les normes de l’OMS. Dans les pays à haut revenu en revanche, cette situation ne concerne qu’un peu plus de la moitié des villes (56%).

L’Asie du Sud-Est, la Méditerranée orientale et l’Afrique, zones les plus touchées, affichent des taux 6 à 11 fois plus élevée que la concentration annuelle maximale recommandée par l’OMS. « Dans les régions de la Méditerranée orientale et de l’Asie du Sud-Est, ainsi que dans les pays à revenu faible de la région du Pacifique occidental, les niveaux de pollution atmosphérique en milieu urbain ont augmenté d’au moins 5% dans plus de deux villes sur trois », précise l’OMS. En Afrique, les données « restent très lacunaires » mais celles qui ont pu être recueillies montrent des taux « supérieurs au niveau médian ».

D’après les experts, les niveaux mondiaux de pollution atmosphérique en milieu urbain ont augmenté de 8% entre 2008 et 2013. « La pollution atmosphérique en milieu urbain continue de progresser à un rythme alarmant, avec des effets dévastateurs pour la santé humaine », déclare dans le communiqué de l’OMS le Dr Maria Neira, Directeur du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé.

Pollution villes Monde

Les villes des continents américain, océanien et européen sont moins concernées par les dépassements élevés des taux recommandés que les continents africain et asiatique.

Pourtant, « dans le même temps, la sensibilisation gagne du terrain et les villes sont plus nombreuses à surveiller la qualité de leur air ». Car le problème constitue un enjeu de santé publique: l’amélioration de la qualité de l’air permet de constater un recul des maladies respiratoires et cardio-vasculaires connexes à l’échelle mondiale, rappelle l’OMS.

Parmi les villes faisant l’objet d’une surveillance, une part non négligeable a cependant réduit le niveau de pollution atmosphérique. Elles sont plus de la moitié dans les pays à revenu élevé et plus d’un tiers dans les pays à revenu faible ou intermédiaire à avoir réduit de 5% ce niveau en cinq ans. La plupart des sources de pollution de l’air extérieur en milieu urbain ne sont en effet pas du ressort des personnes et exigent l’intervention des municipalités ainsi que des décideurs nationaux et internationaux dans les domaines des transports, de la production énergétique ou de la gestion des déchets, comme le rappelle l’organisation.

La pollution de l’air ambiant, due à des concentrations élevées de petites particules et de particules fines, est le principal risque environnemental pour la santé; elle cause plus de 3 millions de décès prématurés chaque année dans le monde.

Source : Le Figaro

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Regards sur la pollution« , ainsi que la page Environnement/Santé.

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