Les microplastiques en mer disparaissent mystérieusement

Une étude du CNRS révèle que les plus petits fragments de déchets plastiques ne sont pas aussi nombreux que prévu.

Combien de micro-déchets de plastique flottent dans les océans ? Des milliers de tonnes, probablement, issus de nos déchetteries, des détritus abandonnés sur les côtes, des rivières et des fleuves qui charrient nos ordures. Les « gyres », ces continents de plastique formés par les courants au milieu des océans, n’ont été découverts que récemment mais les scientifiques s’y intéressent de près : des chercheurs du CNRS publient ce lundi une étude sur le comportement des débris de plastique en mer. Et surprise, il n’y a pas autant de particules microscopiques qu’on le prévoyait.

Une fois dans les océans, les plastiques en tous genres se décomposent en microparticules. « Ce qui est classique, c’est de mesurer ces petits morceaux de plastique, explique Alexandra Ter Halle, chercheuse au CNRS. Nous avons voulu aller plus loin en construisant un modèle mathématique de fragmentation puis en le comparant avec ce qu’on avait trouvé sur le terrain, dans le gyre de l’Atlantique nord. » Alors que les chercheurs pensaient vérifier la modélisation, ils ont eu la surprise de compter vingt fois moins de morceaux de moins d’un milligramme que ce qui était prévu par les équations.

Déchets plastiques océans

Pour expliquer cela, plusieurs hypothèses sont évoquées : « Ont-ils plus coulé que les autres ? Sont-ils plus mangés par les poissons ? Ou est-ce qu’ils se fragmentent plus vite et donneraient des plus petits morceaux qu’on ne sait pas encore mesurer ? », s’interroge Alexandra Ter Halle. Pour les chercheurs, cette étude ouvre donc tout un champ de recherches : « Cela m’encourage à essayer de quantifier les particules micrométriques, les plus petites, pour savoir en quelle quantité on les trouve dans les océans, poursuit la chercheuse. Il faut savoir qu’on ne sait repérer qu’une toute petite fraction de ce qui est dans les océans : sur environ 15 millions de tonnes de plastiques, on n’en observe pour le moment que 1 % et on ne sait pas où est passé le reste et quel impact ça peut avoir. »

Accusé d’infiltrer la chaîne alimentaire, via le plancton et les micro-organismes marins, les micro-déchets de plastique restent encore invisibles. Si l’on sait qu’il s’agit essentiellement de polyéthylène, très utilisé dans les emballages, les chercheurs ne sont pas encore capables de déterminer combien de temps il faut pour qu’il se désintègre et quel est son réel impact sur les écosystèmes marins. « Des premières études ont montré que les particules de plastique micrométriques, ingérées par les organismes du zooplancton, obstruent leurs voies digestives », rappelle l’étude. Avec le risque que ces microparticules se retrouvent finalement dans nos estomacs, en fin de chaîne alimentaire.

Source : 20 Minutes

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Environnement/Santé.

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