La maladie de la Grande Barrière de corail est bien réelle en Australie

Les biologistes australiens persistent et signent : la Grande Barrière de corail est mal en point. Après les résultats de la dernière étude, présentés fin avril, démontrant que 93 % du récif géant sont affectés par le blanchissement, trois universités se regroupent pour publier un communiqué commun et réaffirment les constatations scientifiques, indéniables.

Au moins 35 % des coraux du nord et du centre de la Grande Barrière australienne sont morts ou en train de mourir sous l’effet d’un épisode de blanchissement d’une rare gravité, ont annoncé lundi des scientifiques. Cette évaluation est le résultat de mois de surveillance aérienne et sous-marine de ce joyau classé au patrimoine mondial, qui a considérablement souffert en mars du réchauffement de l’eau.

Le professeur Terry Hughes, spécialiste des récifs coralliens à l’université James Cook de Townsville (nord-est de l’Australie), dans l’État du Queensland, a précisé que le réchauffement climatique était en train de faire des ravages sur l’un des sites les plus emblématiques de l’Australie. « Nous avons découvert qu’en moyenne, 35 % des coraux sont morts ou en train de mourir sur 84 récifs que nous avons étudiés sur les sections centre et nord de la Grande Barrière, entre Townsville et la Papouasie-Nouvelle-Guinée », assène-t-il dans un communiqué, cosigné par trois grandes universités.

Grande barrière de corail Australie

Image prise depuis l’ISS, d’une partie de la Grande Barrière de corail.

« C’est la troisième fois en 18 ans que la Grande Barrière de corail traverse un épisode grave de blanchissement lié au réchauffement climatique, et l’épisode actuel est beaucoup plus extrême que ce que nous avions mesuré auparavant. » Il faut compter une décennie pour que la couverture corallienne se remette, « mais cela prendra beaucoup plus de temps pour retrouver les plus grands et plus anciens coraux qui sont morts », ajoutent les scientifiques.

Phénomène de dépérissement, le blanchissement se traduit par une décoloration des coraux. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau, entraînant l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Si la température redescend, ces végétaux peuvent revenir et les polypes s’en remettent. Ces derniers peuvent aussi mourir si le phénomène persiste. Sur son site Web, le centre ARC pour les études sur les récifs coralliens publie des photographies comparatives montrant le même récif, complètement blanchi en février, puis totalement colonisé et disparu sous des algues en avril.

Outre le réchauffement climatique, la Grande Barrière est aussi menacée par les ruissellements agricoles, le développement économique et la prolifération des acanthasters, étoiles de mer qui détruisent les coraux. Le lieu de 345.000 kilomètres carrés a évité de justesse en 2015 d’être placé par l’Unesco sur sa liste des sites en péril.

Cette exclusion ne semble toutefois pas provenir d’un constat scientifique. Un porte-parole du ministre australien de l’Environnement Greg Hunt avait assuré mi-mai que le gouvernement faisait plus que « jamais auparavant » pour protéger le site. Il a cependant été révélé la semaine dernière que le gouvernement australien était intervenu pour obtenir que toutes les références à l’Australie, y compris à la Grande Barrière de corail, soient retirées d’un rapport de l’ONU sur les dégâts dus au réchauffement climatique sur les sites inscrits au patrimoine mondial.

Source : Futura-Sciences/AFP

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que la page Milieu marin/Biodiversité.

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