Découverte d’une stratégie pour lutter contre le staphylocoque doré

Des chercheurs français ont découvert comment le staphylocoque doré récupère les métaux dont il a besoin pour infecter son hôte. Une piste pour concevoir de nouveaux antibiotiques.

Avec la bactérie Escherichia coli, il est à l’origine de la grande majorité des infections contractées à l’hôpital (infections nosocomiales). Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) provoque chez son hôte humain furoncles, abcès, conjonctivites et pneumonies, susceptibles de se compliquer et pouvant même aboutir à des septicémies chez les sujets les plus fragiles.

Pour se multiplier, il a besoin de métaux (fer, nickel, zinc, cobalt et cuivre), qu’il ne trouve qu’en faible quantité dans le sang de sa victime. Il use alors d’une stratégie terrible pour voler le fer : il détruit les globules rouges de son hôte, qui en contiennent une grande quantité, ont découvert fin 2015 des chercheurs de l’Inserm !

Staphylocoque doré

Staphylocoque doré au microscope (Source : NAID/RML).

Pour les autres métaux, il utilise une autre stratégie, qu’ont découvert en mai 2016 des chercheurs du CNRS et qu’ils détaillent dans la revue Science. Cibler cette dépendance vis-à-vis des métaux s’avèrerait utile pour aboutir à la conception d’antibiotiques efficaces contre cette souche bactérienne, argumentent les chercheurs.

Les auteurs de l’étude ont identifié un nouveau piège à métaux produit chez la bactérie Staphylococcus : cette dernière synthétise une molécule, la staphylopine, grâce à trois enzymes (D-histidine, aminobutyrate et pyruvate – voir schéma ci-dessous) dont la fonction était inconnue jusqu’à présent. La staphylopine est expulsée de la bactérie via un système d’export (en violet), piège les métaux et rentre de nouveau dans la bactérie via un un dispositif d’import (en orange).

Staphylocoque pièges à métaux

D’autres bactéries produisent des molécules (appelées sidérophores) qui captent spécifiquement le fer dans le milieu naturel. Mais d’une manière surprenante, les chercheurs ont constaté que la staphylopine est très proche de la nicotianamine, une molécule que l’on retrouve chez toutes les plantes et qui assure le transport des métaux essentiels, collectés au niveau des racines et à destination des organes aériens.

« La découverte de pièges à métaux similaires dans les trois règnes du vivant (archées, eucaryotes – des cellules complexes, et maintenant bactéries) suggère une origine très ancienne de ce type de molécules », concluent les chercheurs.

Source : Sciences & Avenir

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