Le virus Zika bloqué par des protéines humaines

IFITM1 et IFITM3 sont des protéines humaines qui inhibent l’infection par le virus Zika à un stade précoce ; IFITM3 empêche même la mort cellulaire. Une possibilité de traitement consisterait à stimuler la production de cette dernière, qui est fabriquée naturellement par l’organisme.

Depuis plusieurs mois, le virus Zika apparaît comme une menace majeure de santé publique en raison de sa dispersion rapide et de ses conséquences graves sur la santé : la microcéphalie des bébés qui naissent avec des cerveaux et des crânes anormalement petits et le risque de syndrome de Guillain-Barré chez les adultes.

Au départ, ce virus a été isolé chez un macaque en Ouganda en 1947. Les premiers cas humains ont été décrits en 1952. Le virus Zika est proche de celui de la dengue et se transmet par la piqûre des moustiques Aedes. Depuis qu’il a été identifié en mai 2015 au Brésil, l’infection par le Zika s’est répandue en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Elle conduit à des symptômes comme de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires, mais elle peut rester asymptomatique. Le virus Zika peut se transmettre de manière sexuelle et le risque de transmission sexuelle persiste des mois après l’infection. Pour ces raisons, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la lutte contre le Zika représentait une urgence de santé publique.

Les scientifiques ont récemment trouvé le mécanisme biologique qui relie le virus Zika à la microcéphalie. Les connaissances moléculaires que nous avons désormais de lui peuvent-elles permettre d’identifier des molécules qui bloqueraient l’infection ? Voici que de nouvelles pistes de traitements potentiels apparaissent, grâce à des chercheurs de l’université du Texas, qui ont peut-être trouvé un moyen de combattre ce virus.

Moustique zika

Quand les moustiques Aedes aegypti et A. albopictus piquent à la recherche d’un vaisseau sanguin, ils déposent le virus zika dans le derme et l’épiderme.

Dans un article paru dans Cell reports, les chercheurs se sont intéressés aux protéines IFITM (interferon-induced transmembrane protein). Il s’agit de facteurs de restriction qui inhibent la réplication de différents virus, donc des flavivirus comme le virus West Nile ou le virus de la dengue. IFITM3 est nécessaire pour prévenir les infections par les virus influenza de type A chez la souris et chez l’Homme. Par ailleurs, des personnes qui ont un variant du gène IFITM3 sont plus susceptibles de développer une grippe sévère.

Les chercheurs ont trouvé que IFITM3 et IFITM1 inhibent l’infection par le Zika à un stade précoce du cycle viral car elles inhibent la réplication du virus ; de plus, IFITM3 prévient la mort cellulaire induite par le virus Zika. IFITM3 est donc une petite protéine qui réduit la capacité du virus à infecter les cellules du cerveau de l’Homme et de la souris.

Comme IFITM3 bloque la réplication du virus, il serait intéressant d’augmenter les quantités de cette protéine pour lutter contre le virus. En stimulant les niveaux de cette protéine dans des cellules humaines ou de souris, les chercheurs ont trouvé que les niveaux élevés d’IFITM3 modifiaient la membrane cellulaire, ce qui rendait plus difficile l’infection par le virus. En revanche, quand les cellules avaient moins d’IFITM3 que la normale, les virus rompaient plus facilement les défenses de la cellule et se répliquaient à l’intérieur de la cellule.

Image 3D virus Zika

Une représentation en 3D du virus Zika (Source : Institut Purdue).

Pour Abraham Brass, un des auteurs de l’article, ces « résultats montrent que le virus Zika a une faiblesse que nous pourrions potentiellement exploiter pour prévenir ou arrêter l’infection ». Cependant, ces travaux ont été réalisés uniquement sur des cellules de souris et d’Homme cultivées au laboratoire. D’autres études sont donc nécessaires pour mieux comprendre le potentiel de cette protéine in vivo.

Un traitement contre le Zika pourrait consister à trouver un moyen d’augmenter les niveaux d’IFITM3 dans l’organisme. Un tel médicament pourrait non seulement permettre de lutter contre le virus Zika, mais aussi contre les virus qui lui sont proches. À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement contre le Zika.

Source : Futura-Sciences

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