SIDA : les scientifiques ont découvert l’origine de l’épidémie de VIH

En menant des analyses génétiques poussées sur le VIH, des scientifiques ont réussi à remonter aux origines du virus qui frappe 90% des malades du SIDA. Selon leurs conclusions, tout aurait commencé dans les années 1920, à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.

En 2014, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH (Virus de l’immunodéficience humaine) à travers le monde. Une pandémie qui continue d’inquiéter mais que l’on commence peu à peu à contrôler. Ces vingt dernières années, de nombreux projets et travaux ont été menés pour tenter d’enrayer la propagation du virus. Et la tendance commence enfin à s’inverser.

Selon l’ONUSIDA, les nouvelles infections au VIH et les décès liés au SIDA ont considérablement diminué depuis le pic de l’épidémie. Maintenant, les institutions espèrent mettre fin à l’épidémie de SIDA d’ici 2030. Un objectif de taille mais une découverte pourrait permettre de faire avancer les recherches. Des scientifiques ont découvert l’origine de l’épidémie de VIH.

Publiée en 2014, l’étude a été conduite par Nuno Faria de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni ainsi que des chercheurs américains et européens. Et leurs résultats viennent tout juste de refaire surface grâce à un article paru sur le site de Futurism.

VIH

On sait depuis longtemps que le VIH n’est pas apparu de nulle part. Le virus est étroitement apparenté au VIS, le Virus de l’immunodéficience simienne, qui frappe les singes mais aussi les grands singes comme les chimpanzés et les gorilles. On pense ainsi que le micro-organisme est passé à plusieurs reprises chez l’homme via la consommation de viande de brousse notamment.

Mais comment le virus a-t-il pu donner naissance à une épidémie ? C’est la question à laquelle Nuno Faria et les autres chercheurs ont voulu répondre. Pour cela, ils ont mené des analyses génétiques poussées sur des virus prélevés chez quelque 800 personnes infectées en Afrique de l’Ouest. Ils ont ainsi réussi à reconstituer un arbre généalogique des différents sous-types de VIH-1 (le plus répandu).

En effet, le VIH a une grande variabilité génétique, ce qui conduit à une diversité importante. On distingue aujourd’hui trois à quatre sous-types parmi lesquels le groupe M et le groupe O. Le groupe M affecte 90% des malades tandis que le groupe O est largement confiné à l’Afrique de l’Ouest. Selon les analyses menées, tous les groupes auraient un ancêtre commun qui serait apparu il y a moins de 100 ans.

En allant plus loin, les scientifiques ont déterminé que le groupe M lui, serait probablement apparu dans les années 1920. Puis, en considérant la localisation des échantillons prélevés, ils ont réussi à situer l’origine probable de l’apparition et donc de l’épidémie : Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Au cours de leurs analyses, les chercheurs ont eu la surprise de constater que le groupe M n’est pas beaucoup plus infectieux que le groupe O. S’il a réussi à se propager, ce ne serait donc pas à cause de capacités spéciales. « Ce sont des facteurs écologiques plus que d’évolution qui ont dirigé sa propagation rapide », a expliqué à la BBC, Nuno Faria.

Pour en savoir plus, l’équipe a changé de tactique et s’est intéressé à l’histoire de Kinshasa. Dans les années 1920, la RDC était une colonie belge et Kinshasa, alors appelée Léopoldville, venait d’en devenir la ville la plus importante. Dès lors, elle s’est changée en une destination très prisée des jeunes travailleurs en quête de fortune. Mais ils ne sont pas venus seuls, avec eux, sont arrivés les travailleurs du sexe.

L’activité grandissante a également stimulé la navigation fluviale et la construction des routes et chemins de fer, utilisés par des centaines de milliers d’habitants. Kinshasa est ainsi devenu l’une des villes les mieux connectées d’Afrique. Autant de facteurs qui ont favorisé la propagation du VIH sur le continent pendant des décennies, jusqu’à conduire à une explosion des cas dans les années 1960.

Indépendance de la RDC, importation de travailleurs, libération sexuelle dans les années 1970, le virus a ensuite continué de profiter de la situation sociopolitique mondiale pour gagner du terrain et se répandre rapidement aux États-Unis et en Europe.

« Le passage du singe à l’homme s’était sans doute produit à plusieurs reprises sans qu’une épidémie se déclenche, le virus restant cantonné à la forêt, mais le virus s’est trouvé au bon endroit au bon moment, et l’épidémie a démarré », a expliqué Martine Peeters, virologue de l’Institut de recherche pour le développement de Montpellier et co-auteur de l’article cité par Le Monde.

« Il n’y a aucune raison de penser que d’autres sous-types ne se seraient pas propagés aussi rapidement que le VIH groupe M dans des circonstances écologiques similaires », a commenté de son côté Nuno Faria. Si cette découverte permet d’en apprendre plus sur le VIH et son origine, elle permet donc aussi de comprendre comment des épidémies peuvent se répandre rapidement à travers le monde.

Source : Maxisciences

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