SALt : la lampe qui veut illuminer les Philippines avec du sel

L’objectif principal de la lampe est d’apporter l’éclairage aux communautés rurales du pays et leur donner une alternative aux lamps à kérosène. Et cela, grâce à l’eau de mer.

Tout a commencé avec l’idée d’utiliser un bien disponible au plus grand nombre pour apporter la lumière aux communautés sans électricité aux Philippines.

C’est au cours d’un voyage d’immersion dans une tribu de la province septentrionale de Kalinga, aux Philippines, qu’Aisa Mijeno a eu l’idée de la lampe Sustainable Alternative Lighting, ou SALt (Sustainable Alternative Lighting signifie en français Alternative d’Éclairage Durable)

« J’ai appris que ceux qui n’ont pas accès à l’électricité utilisent des lampes à kérosène comme principale source d’éclairage », dit l’inventrice, ajoutant que les membres de la tribu devaient descendre tous les deux jours de la montagne où ils habitaient pour racheter le carburant nécessaire à leur éclairage.

SALt

SALt : la lampe réviolutionnaire qui fonctionne au sel.

« C’est de là que m’est venue l’inspiration pour la lampe SALt, puisque le sel est abondant et se trouve dans pratiquement chaque foyer aux Philippines, » se souvient-elle. Et quatre ans plus tard, Aisa Mijeno présentait son invention au sommet de la coopération économique pour l’Asie-Pacifique 2015 (APEC) tenu à Manille en compagnie de Barack Obama. « J’avais vraiment le trac : je savais que je représentais toute la communauté des startups locales, et je me suis même rendue compte plus tard que je représentais les Philippines dans leur ensemble, et qu’il fallait donc que je fasse très attention à toutes mes réponses », se rappelle-t-elle.

L’invitation à rejoindre Obama et Ma, le fondateur et directeur général d’Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne, a été une surprise. Aisa, son frère Raphael, co-fondateur de SALt, et le reste de leur équipe étaient censés participer au sommet de l’APEC pour les PME. En chemin, elle reçoit un appel de la Maison Blanche pour l’inviter à la discussion animée par Obama.

« J’étais terrifiée à l’idée de ne pas être préparés à la notoriété qu’un tel événement allait sans doute nous apporter, et la pression que cette notoriété mettrait sur nos épaules », confie Aisa Mijeno. « Mais c’était le genre d’opportunité qui n’arrive qu’une seule fois dans la vie, et mon frère m’a poussée à accepter l’invitation. »

Elle a ainsi pu présenter le concept de la lampe SALt, une solution saline pour alimenter des lampes à diodes électroluminescentes (LED), ainsi qu’un port USB capable de charger les Smartphones. Elle a fait allusion à « l’impact énorme que nous pourrons avoir lorsque nous passerons à la production de masse de cette technologie». «Imaginez seulement », a-t-elle alors demandé au public, « si nous étions capables d’éclairer une île toute entière en utilisant seulement l’eau de mer. »

La présentation de la jeune ingénieure, entrepreneuse, et professeure à mi-temps à l’université De La Salle à Lipa dans le Batangas, a fait forte impression sur Obama. « Je pense qu’Aisa est un parfait exemple de ce qu’on voit maintenant dans beaucoup de pays: des jeunes entrepreneurs qui inventent des technologies qui permettent de passer d’un seul bond à l’énergie renouvelable », ajoute-t-il.

L’objectif principal de la lampe est d’apporter l’éclairage aux communautés rurales du pays et leur donner une alternative aux lampes à kérosène.

« Les lampes à kérosène sont partout parce que c’est un système qui est enseigné de génération en génération : c’est probablement la raison principale de la survie de cette méthode d’éclairage. SALt fonctionne de la même manière, sauf qu’au lieu de remplir la lampe de kérosène, on la remplit d’eau de mer ; et qu’au lieu d’utiliser des allumettes, on appuie simplement sur un interrupteur pour allumer la lampe », explique-t-elle.

Le prototype a été affiné en 2014 lorsque l’équipe a rejoint Ideaspace, un incubateur de startups local qui sélectionne et finance les projets prometteurs. Elle utilise le même principe que la cellulle galvanique. Elle tire son énergie de la réaction chimique exploitée dans toutes les piles conventionnelles, sauf qu’en lieu et place d’électrolytes, SALt utilise une solution saline non-toxique qui rend le processus entier sans danger.

« Il y a plus de 7000 îles dans les Philippines et la plupart d’entre-elles n’ont pas accès à l’électricité. Nous voulons permettre à tous les habitants de ces îles de garder l’argent qu’ils dépensent en achat de kérosène et de piles », déclare-t-on sur le site internet de la startup.

« Actuellement, nous avons établi un partenariat avec un fabricant local, et nous collaborons étroitement avec leurs ingénieurs », explique la fondatrice du projet. L’entreprise a également lancé une série d’activités sociales pour fournir ses lampes à des communautés sans accès à l’électricité, notamment celle de Buscalan, dans le Kalinga, la province où tout a commencé. « Nous prévoyons de nous concentrer sur la recherche et le développement pour créer plus d’innovations qui permettraient aux personnes les plus démunies de sortir de la pauvreté. »

Source : Le Figaro

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Développement durable/Energie.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s