La couche d’ozone, un exemple de guérison réussie

Le trou dans la couche d’ozone se résorbe depuis l’adoption du Protocole de Montréal en 1987.

Ceux qui pensent que les traités internationaux sur l’environnement ne servent à rien devraient regarder du côté de la couche d’ozone : depuis l’adoption du Protocole de Montréal en 1987, le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique se résorbe progressivement. Une étude publiée ce jeudi dans la revue américaine Science a calculé que ce trou a diminué de plus de quatre millions de kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie des Etats-Unis, depuis 2000. D’ici à 2050, le trou dans la couche d’ozone devrait être totalement résorbé. Comment cette guérison a-t-elle été rendue possible ?

Le Protocole de Montréal a obligé ses 196 pays signataires à réduire puis éliminer la production et l’utilisation de substances qui détruisent la couche d’ozone. Etaient visés en particulier les chlorofluorocarbures (CFC), des gaz fluorés utilisés majoritairement dans l’industrie du froid (réfrigérateurs, congélateurs ou climatiseurs) et les aérosols. Ces substances ont la particularité de rester très longtemps dans l’atmosphère avant de se propager vers la stratosphère où ils se décomposent en détruisant, au passage, les molécules d’ozone qui protègent la Terre des radiations solaires.

Couche d'ozone évolution future

Modélisation de la disparition de la couche d’ozone : ce qui serait arrivé si les CFC n’avaient pas été interdits.

Les industriels ont dû plancher sur de nouveaux gaz aux propriétés similaires à celles des CFC. Les premiers substituts ont été les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) qui présentaient néanmoins le gros inconvénient d’être des gaz à effet de serre, donc néfastes pour le climat. Adoptés comme solution de transition, ils sont progressivement remplacés par les hydrofluorocarbures (HFC) et les hydrocarbures perfluorés (PFC), eux aussi responsables du réchauffement climatique.

« Les « gaz fluorés » peuvent avoir un effet de serre 23.000 fois plus important que leur équivalent en CO2 », alertait le Parlement européen en 2014. Parallèlement, l’augmentation des températures au sol provoque un refroidissement de la stratosphère et favorise le développement de l’ozone à haute altitude. Comment résoudre ce paradoxe ? « Ce refroidissement indirect est très probablement moins important que le réchauffement provoqué par les gaz à effet de serre qui appauvrissent la couche d’ozone », répond le Programme des Nations unies pour l’environnement, qui préconise une meilleure récupération des gaz contenus dans les appareils réfrigérants en fin de vie et un remplacement progressif par l’ammoniac ou les hydrocarbures qui ne contribuent pas au réchauffement climatique.

Si l’on en croit l’étude publiée dans Science, le trou dans la couche d’ozone devrait être résorbé d’ici à 2050. « Nous pouvons désormais être confiants dans le fait que les mesures internationales prises ont mis la planète sur la voie du rétablissement », assure Susan Solomon, professeur de chimie et de science du climat au Massachusetts Institute of Technology (MIT), principal auteur de cette étude. La concentration atmosphérique des substances destructrices d’ozone a en effet diminué de 15 % par rapport au pic des années 1990, selon l’Organisation météorologique mondiale. Si l’année dernière, le trou dans la couche d’ozone s’était à nouveau élargi pour retrouver son niveau de 2006, il s’agissait simplement d’un phénomène météorologique temporaire qui n’inquiète pas les scientifiques.

Source : 20 Minutes

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les pages Environnement/Santé et Risques majeurs.

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