Les dinosaures ont été victimes de deux réchauffements climatiques

L’extinction de masse de la fin de l’ère secondaire est-elle due à l’impact d’un astéroïde ou d’une comète, ou bien à des éruptions volcaniques massives survenues au Deccan ? Le débat pourrait prendre fin : les deux seraient impliqués, conclut une étude, qui a mis en évidence deux pics de températures, correspondant à ces évènements. Un double réchauffement planétaire qui aurait été fatal à de nombreuses espèces, dont les dinosaures.

Au large de la péninsule Antarctique, face à l’île James-Ross et séparée de la Terre de Graham, l’île Seymour est devenue une célébrité chez les paléontologues. La formation Lopez de Bertodano y affleure, datant principalement du Crétacé supérieur à l’Éocène. Plusieurs de ces roches contiennent des fossiles témoignant de la vie marine de cette époque. Comme ce type de fossile se conserve mieux et se trouve en plus grand nombre que les autres, cette île constitue une excellente fenêtre sur la Terre à l’époque de la « crise KT », il y a environ 66 millions d’années.

Les chercheurs en géosciences à l’origine d’un article publié dans Nature Communications y ont étudié la composition isotopique des coquilles de plusieurs mollusques bivalves datant de cette période clé de l’histoire de la biosphère. La durée examinée, à cheval sur la disparition des dinosaures, était précisément de 3,5 millions d’années. L’étude a porté sur les isotopes d’oxygène 18 et de carbone 13 présents dans les carbonates formant les coquilles de ces animaux.

Trapps du Deccan

Les empilements de coulées basaltiques des trapps du Deccan en Inde.

Les abondances de ces isotopes dans de tels fossiles marins constituent des paléothermomètres permettant d’estimer les températures des eaux dans lesquelles les coquilles se sont formées. Les géochimistes ont ainsi découvert deux pics de températures correspondant visiblement à des réchauffements climatiques à l’échelle de la Planète.

Le premier montre une élévation de la température d’environ 7,8 °C et coïncide avec la mise en place des fameuses éruptions des trapps du Deccan, en Inde. Le second s’est produit environ 150.000 ans plus tard et il a été de 1,1 °C, à peu près au moment où un petit corps céleste, astéroïde ou comète, est entré en collision avec la Terre, créant l’astroblème de Chicxulub, au Yucatan. Ces résultats n’avaient pas pu être obtenus auparavant avec les méthodes paléothermométriques standards basées sur deux isotopes d’oxygène.

Météorite géante extinction dinosaures

Vue d’artiste de l’impact survenu il y a 65 millions d’années ayant causé le cratère de Chicxulub et sans doute provoqué l’extinction des dinosaures (Source : Cambridge Press).

Cette découverte ajoute du poids à d’autres travaux qui laissaient entendre que la crise KT s’était en fait déroulée en deux temps, avec deux pics d’extinctions rapprochés. Il est donc de plus en plus vraisemblable que dans le débat opposant d’un côté les partisans de Vincent Courtillot et, de l’autre, ceux de Walter Alvarez, tout le monde avait partiellement raison. Les éruptions basaltiques massives en Inde auraient lentement mais sûrement affecté la biosphère en émettant du CO2. Fragilisée, et déjà marquée par des extinctions, elle aurait reçu le coup de grâce avec la formation du cratère de Chicxulub.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Risques majeurs.

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