Un nouveau dinosaure ressemblant au T-Rex identifié en Patagonie

Un nouveau genre de dinosaures carnivores a été identifié en Patagonie, une région de l’Argentine. Bien que pas vraiment parent des T-Rex, il possédait, comme eux, une paire de bras très atrophiés, terminés chacun par deux griffes. Il semble donc que ces caractères étranges soient un exemple de convergence évolutive.

Lorsque l’on pense à des lieux de découverte de fossiles de dinosaures, l’Amérique du Nord s’impose immédiatement à l’esprit. On sait, bien sûr, que l’on peut en découvrir en France ou même au Maroc, mais les sites de ces pays sont largement éclipsés par les badlands canadiennes avec, par exemple, le parc provincial Dinosaur (qui renferme de nombreux restes fossiles vieux de 75 à 77 millions d’années, notamment plus de 60 espèces de dinosaures réparties en 45 genres et 14 familles), ou encore le Dinosaur National Monument situé à la frontière entre les États du Colorado et de l’Utah.

On sait moins que l’on fait aussi des découvertes intéressantes en Amérique du Sud, notamment en Argentine. Une publication récente dans le journal Plos One vient d’ailleurs de le rappeler. Elle concerne une nouvelle espèce de dinosaure découverte en 2007 sur un site de la formation Huincul, au nord de la Patagonie. Les fouilles étaient menées par une équipe internationale de paléontologues argentins et états-uniens dans une partie du bassin sédimentaire de Neuquén.

C’est la préparatrice en fossile du célèbre Field Museum de Chicago, Akiko Shinya, qui a commencé à exhumer les restes d’un théropode carnivore vivant il y a 90 millions d’années. Le nouveau dinosaure a été appelé Gualicho shinyae. Le terme Gualicho renvoie à un évènement arrivé aux membres de l’expédition. En effet, dans la culture des indigènes Tehuelche de la Patagonie, Gualichu est un démon et, pour plaisanter, les paléontologues ont expliqué que c’est peut-être lui qui avait conduit leur véhicule à se retourner sur une piste à l’occasion d’un accident heureusement sans gravité. Le terme shinyae renvoie quant à lui à la découvreuse du dinosaure.

Gualicho Shinyae

Une vue d’artiste du nouveau genre de théropodes découvert en Patagonie, Gualicho shinyae. Ses membres semblables à ceux du T-Rex s’expliquent peut-être parce qu’ils étaient mieux adaptés au type de chasse pratiqué par ces animaux carnivores. (Source : J. Gonzalez/P. Lara)

L’étude de l’animal a montré qu’il devait peser 450 kg et qu’il était long de six à sept mètres pour une taille comparable à celle d’un ours. Il ressemble à un dinosaure africain du nom de Deltadromeus auquel il semble apparenté. Cependant, les années d’étude de son squelette le mettent plutôt en relation avec les Allosauroidea et laissent penser qu’il constituait tout à la fois une nouvelle espèce et un nouveau genre.

En effet, ce qui frappe avec Gualicho shinyae, c’est qu’il possède deux bras de la taille de celle d’un enfant, terminés chacun par deux doigts griffus, exactement comme dans le cas d’un dinosaure mythique : le T-Rex. Or, bien que ce soit dans les deux cas des théropodes, ces animaux ne sont pas étroitement apparentés. Le dinosaure de Patagonie ne l’est pas plus avec les abélisauridés retrouvés également en Argentine et qui possédaient des membres antérieurs vestigiaux faisant penser, eux aussi, à ceux des Tyrannosaures.

Les bras de Gualicho shinyae doivent donc représenter un exemple de convergence évolutive. Rappelons qu’on entend par ce terme la présence chez deux espèces de caractères analogues, d’une même adaptation, mais qui n’a pas été hérité d’un ancêtre commun. Elle résulte de deux évolutions indépendantes dans un même type d’environnement. C’est donc une manifestation du fait que les lois de la physique et de la biologie restreignent les choix possibles des solutions adaptatives pour une même contrainte environnementale donnée. On peut s’en convaincre facilement avec l’exemple de l’hydrodynamisme du corps des dauphins et des ichtyosaures, qui ne sont pas apparentés puisque les premiers sont des mammifères et les seconds des reptiles marins.

Quelle était justement cette contrainte environnementale dans le cas des T-Rex et de Gualicho shinyae ? On ne le sait pas encore mais il semble bel et bien qu’elle soit à l’origine de leurs membres étonnants. Les paléontologues disposent donc maintenant d’une nouvelle pièce pour compléter ce puzzle.

Source : Futura-Sciences

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