L’US Navy va devoir se passer de son sonar jugé nuisible pour les mammifères marins

La Cour d’appel américaine vient de reconnaitre le sonar américain LFA, détecté dans plus de 70% des océans de la planète, dangereux pour les espèces marines. Elle a ainsi suspendu son autorisation. Une petite victoire pour les fonds marins et ses habitants.

Le bruit des fonds marins va sensiblement diminuer après le jugement de la Cour d’appel américaine en Californie. Celle-ci vient de décider unanimement que le radar basse-fréquence utilisé par la Navy perturbe fortement les mammifères marins. Un verdict qui va bientôt entrainer des restrictions de son utilisation.

Le radar LFA (pour Low Frequency Active) sert à détecter des sous-marins à longue distance. Pour cela, il émet depuis 18 sources des sons à 215 décibels qui peuvent voyager très loin dans les océans. Les experts estiment que 70% des océans sont couverts par ces ondes et qu’on peut les détecter facilement avec des appareils de mesure à plus de 16.000 km des côtes américaines.

Mais si ces sonars sont efficaces pour détecter les engins, ils sont de plus en plus réputés pour perturber l’écosystème marin. En effet, de nombreuses corrélations ont été mises en évidence entre les groupes de mammifères s’échouant sur les plages et l’utilisation des sonars. Les scientifiques expliquent qu’ils pousseraient les mammifères à fuir devant un bruit assourdissant qui pourrait se révéler douloureux.

Dauphins

« Il est important de comprendre que les océans sont un monde de sons, non de vision. Les baleines, les dauphins et les marsouins les utilisent pour trouver de la nourriture, rencontrer leurs compagnons, maintenir des liens sociaux ou simplement pour naviguer dans les vastes océans », explique à Wired Michael Jasny, le directeur du projet de protection des mammifères marins pour le Natural Resources Defense Council (NRDC).

Depuis 2012, la Navy était autorisée par la National Marine Fisheries Service (NMFS) à utiliser ce sonar mais à quelques conditions. La marine devait ainsi stopper toute utilisation ou la reporter si des mammifères marins se trouvent à proximité. Il lui était aussi interdit d’émettre des sons de plus de 180 dB à moins de 20 kilomètres des côtes ou d’un kilomètre d’une zone biologiquement importante.

Ces mesures avaient été adoptées pour minimiser l’impact du sonar mais elles ont été jugées insuffisantes par la Cour d’appel. Cette dernière a ainsi statué que l’utilisation du sonar LFA violait le Marine Mammal protection Act, la loi américaine qui protège les mammifères marins et appelle à avoir « l’impact négatif le plus mineur possible » sur l’océan et ses habitants.

Malgré les arguments de la NMFS, la Cour a ainsi estimé que ce dernier « ne donnait pas une protection adéquate aux zones des océans mondiaux décrites par ses propres experts comme biologiquement importantes. Le résultat est que cette proportion significative de l’habitat des mammifères marins est sous-protégée », a-t-elle expliqué.

Son autorisation suspendue, la Navy ne pourra plus utiliser son sonar pour ses opérations et entrainements militaires. Une victoire pour les organisations qui avaient engagé les poursuites contre l’utilisation du dispositif et un premier pas prometteur vers la réduction de la pollution sonore sous-marine de plus en plus dénoncée par les spécialistes.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que la page Milieu marin/Biodiversité.

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