Voici à quoi ressemble l’endroit le plus profond sur Terre

L’endroit le plus profond sur Terre n’est pas naturel mais a été créé artificiellement par l’homme. Il s’agit d’un forage réalisé en Russie dans la péninsule de Kola. Un trou de 12 kilomètres de profondeur qui a permis aux scientifiques d’en apprendre beaucoup sur notre planète.

Quel est l’endroit le plus profond de la croûte terrestre ? A cette question, beaucoup seront tentés de répondre la fosse des Mariannes, cette fosse océanique record située dans l’océan Pacifique. Pourtant, malgré ces quelque 11 kilomètres de profondeur, ce n’est pas cette formation qui détient la première place.

L’endroit le plus profond de la croûte terrestre se trouve bien loin du Pacifique, en Russie. Plus précisément dans la péninsule de Kola, à proximité de la ville de Mourmansk. Ce lieu n’est toutefois pas naturel, il a été créé il y a des décennies de cela par l’homme. En effet, il s’agit d’un forage connu sous le nom de forage SG3 ou forage profond de Kola.

Ce forage est le plus profond jamais réalisé de l’histoire. Démarrée en mai 1970, le projet avait pour but de creuser le plus profondément possible avec un objectif de 15.000 mètres. Les scientifiques voulaient ainsi traverser la croûte terrestre et atteindre ce qu’on appelle la discontinuité de Mohorovičić (ou Moho), la limite entre la croûte et le manteau supérieur de la Terre.

Forage de Kola 2012

Le forage de Kola soudé et boulonné en août 2012 .

L’histoire du forage démarre en réalité bien avant les années 1970, alors que la course à l’espace faisait rage entre les États-Unis et l’Union soviétique. La légende veut ainsi que les deux pays se soient tout deux mis en tête de réaliser le forage le plus profond. Mais l’opération s’est révélée bien plus difficile que les chercheurs ne le pensaient.

Aux États-Unis, l’opération baptisée « Projet mohole » a démarré en 1957 au large du Mexique mais a été rapidement abandonnée par manque de financement, atteignant quelque 180 mètres de profondeur sous une couche d’eau de 3.600 mètres. En Russie, en revanche, les scientifiques ont réussi à aller bien plus loin, poursuivant jusque dans les années 1990.

Neuf après le démarrage du projet, en juin 1979, le forage a battu le record précédemment établi à quelque 9.580 mètres. Quelques années plus tard, en 1983, il dépassait les 12.000 mètres. C’est en 1989 qu’il a atteint sa profondeur finale de 12.262 mètres. Le forage était censé se poursuivre jusqu’à 13.500 puis 15.000 m mais il a finalement été stoppé en 1992.

Creuser le plus profond dans la croûte terrestre n’était pas le seul objectif du projet. Les scientifiques associés à l’équipe du forage comptaient en profiter pour faire de nouvelles découvertes sur la Terre et ses profondeurs. Et ils n’ont pas été déçus. Au cours des vingt années de travaux, les trouvailles géophysiques se sont multipliées.

En creusant, les chercheurs ont notamment pu étudier la structure de la couche, sa composition physico-chimique ainsi que la propagation des ondes sismiques aux différentes profondeurs. Ceci leur a permis par exemple de découvrir qu’il n’y avait pas de transition du granit au basalte, deux roches différentes, entre 3 et 6 kilomètres sous la surface, comme on le pensait jusqu’ici.

A cette profondeur, les scientifiques avaient en effet observé que les ondes sismiques voyageaient bien plus rapidement. Un changement qu’ils pensaient lié à la présence de basalte mais les observations ont montré le contraire. Ce serait en réalité dû à l’existence de roche dite métamorphique, de la roche exposée à des conditions de chaleur et de pression intenses.

Autre découverte qui a étonné les scientifiques : la présence d’eau dans les roches à des profondeurs où on pensait qu’elle ne devrait pas exister. Ils supposent aujourd’hui que l’eau s’est formée grâce à la pression des roches alentours et qu’elle s’est ensuite retrouvée bloquée à cause de l’imperméabilité de ces dernières.

Outre ces découvertes, le forage a également permis de remonter des roches vieilles de plus de deux milliards d’années dans lesquelles des fossiles microscopiques de plancton ont été trouvés. Ces derniers ont été associés à 24 espèces anciennes et étaient incrustés dans des composés organiques ayant miraculeusement survécu à des conditions souterraines extrêmes.

Malheureusement, le projet n’a pas pu être poursuivi à son terme. Au-delà des 10.000 mètres, les estimations ne se sont pas révélées exactes, notamment au niveau des conditions de pression et de température. A cette profondeur, les scientifiques ont ainsi détecté une température de 180°C au lieu des 100°C attendus. Une différence qui n’a pas été sans conséquence pour les outils de forage.

Le programme a donc du être interrompu en 1992 avant d’être abandonné fin 2006 par manque de financement. Finalement, le site a été définitivement abandonné deux ans plus tard et les infrastructures ont été démontées pour ne laisser visible qu’un socle scellé. Outre les découvertes scientifiques, le projet à Kola a également permis d’éprouver et d’améliorer les techniques de forage.

Depuis, d’autres puits légèrement plus grands ont ainsi été creusés par des compagnies d’exploration pétrolière comme celui nommé Z-44. Réalisé par Exxon en Russie dans le cadre du projet Sakhaline I, il affiche 114 mètres supplémentaires.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « La machine Terre« .

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