Le monde se mobilise pour sauver le cétacé le plus menacé au monde, le marsouin du Pacifique

Les marsouins du pacifique font partie des mammifères les plus en danger d’extinction de la planète. Leur population étant réduite à une centaine d’individus selon les estimations, le Mexique vient de durcir sa politique de protection au soulagement des scientifiques.

Après le rhinocéros ou l’éléphant déjà sérieusement menacé, une autre espèce pourrait définitivement disparaitre de la nature au cours du siècle : le marsouin du Pacifique. Aussi appelé vachette des mers, ce mammifère protégé laborieusement depuis de nombreuses années est passé en dessous de la centaine d’individus.

Ce chiffre est alarmant pour ce cétacé, le plus petit du monde, qui ne vit que dans le golfe de Californie et n’a jamais été élevé en captivité. D’après le rapport publié par le Comité International pour le Rétablissement du vaquita (CIRVA), seuls 59 individus ont été localisés au lieu des 245 répertoriés en 2008 par les mêmes équipes.

Les spécialistes craignent ainsi que l’espèce Phocoena sinus en danger critique d’extinction ne rejoigne bientôt le dauphin du Yangtzé dont la disparition a été annoncée officiellement par le gouvernement chinois.

Marsouin du Pacifique

Marsouin du Pacifique

Le CIRVA a ainsi publié un nouveau rapport pour sauver l’espèce de l’extinction. Il y suggère d’adopter différentes approches. Parmi les principales, figure le bannissement des filets maillant, ces filets de pêches verticaux qui permettent normalement de choisir la taille des poissons attrapés tout en laissant les plus petits et gros saufs.

Cependant, les marsouins se prennent très facilement dans les filets des pêcheurs mexicains qui pour leur part souhaitent notamment pêcher le totoaba, un poisson très recherché sur les marchés noirs de Chine. Malgré une interdiction temporaire ainsi que plus de 600 filets saisis, l’ONG Sea Shepherd affirme tomber chaque jour sur des filets lors de leur patrouille dans la zone.

Cette pêche illégale profite effectivement beaucoup aux pêcheurs de la région qui peuvent vendre plus de 4.000 dollars (environ 3.500 euros) le kilogramme de totoaba, un poisson lui aussi en danger d’extinction. Pour lutter contre le phénomène, le gouvernement mexicain a mis en place une interdiction formelle de pêche par les filets maillant.

Il a également proposé une compensation financière pour les pêcheurs qui sont invités à tester de nouvelles techniques. Parallèlement, pour freiner la pêche illégale, le ministère de l’Environnement et la marine mexicaine ont dévoilé trois drones équipés de caméras haute résolution qui vont surveiller nuit et jour les eaux d’une partie du golfe de Californie.

« Il reste encore beaucoup à faire et le temps est un facteur décisif », a commenté le chef de la marine mexicaine, l’amiral Vidal Francisco Soberon repris par Seeker. « Nous ne pouvons pas permettre à nos océans de voir une autre espèce disparaitre ». Malheureusement, le problème est complexe car outre ces filets qui les menacent, les marsouins du Pacifique ne se reproduisent pas facilement.

Chaque femelle donne naissance à un petit tous les deux ans uniquement. Si la solution de reproduction en captivité est envisagée, elle s’annonce donc tout aussi délicate. Le CIRVA s’apprête à former une commission au Danemark réunissant les spécialistes des marsouins en captivité pour déterminer la meilleure solution de capture puis de reproduction ex situ, c’est-à-dire en dehors de leur habitat naturel.

Cependant, même si ces experts ont réussi à faire vivre en captivité de nombreuses espèces de marsouins, aucun parc n’est parvenu à cela avec la vachette des mers. La reproduction ex-situ n’a même jamais été employée pour un cétacé. D’autant plus qu’avec seulement une centaine d’individus, les chances de détruire l’espèce en essayant de la capturer sont fortes.

Les résultats de l’enquête préliminaire pour une éventuelle reproduction ex-situ seront prochainement publiés et révèleront si cette option peut être envisagée. En attendant, le CIRVA demande autant l’implication du Mexique, que de la Chine qui doit stopper le trafic de totoaba mais aussi des États-Unis principal importateur de poisson qui doit réduire ou améliorer sa consommation.

Le durcissement des mesures prises par le Mexique sont un espoir pour ces cétacés cependant il est nécessaire de construire une économie respectueuse de l’environnement en harmonie avec les pêcheurs et les populations locales qui vivent de la pêche depuis des centaines d’années. Un défi de longue haleine qui a donc franchi une nouvelle étape, celle de la fin des filets de pêche dans les zones protégées.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que la page Milieu marin/Biodiversité.

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