Des chercheurs font une étonnante découverte au sommet d’un volcan en activité au Nicaragua

A l’heure où les abeilles du monde entier ont tendance à disparaitre, un spécimen a été retrouvé dans l’endroit le plus inattendu de la Terre : le sommet du volcan Masaya, en activité au Nicaragua.

Le volcan Masaya se situe au Nicaragua, à seulement quelques kilomètres de sa capitale Managua. Il est considéré comme l’un des plus actifs du pays. L’environnement y est à ce titre particulièrement nocif pour les êtres vivants, si bien que les scientifiques parlent de « kill zone », littéralement « zone meurtrière ».

Pourtant, il existe bel et bien de la vie aux abords du cratère et celle découverte par des scientifiques lors d’une étude de terrain est pour le moins inattendue. Il s’agit en effet d’une petite abeille de l’espèce Anthophora squammulosa.

L’insecte a été mis en évidence par Hilary Erenler, une biologiste de l’université de Northampton au Royaume-Uni. En trois ans, cette chercheuse britannique a organisé cinq expéditions dans le parc volcanique Masaya pour étudier les insectes pollinisateurs.

Volcan Masaya

Scientifiques à proximité du cratère du volcan Mayasa au Nicaragua (Source : H. Erenler).

Ces investigations l’ont menée jusque dans les zones les plus hostiles, où elle a dû se rendre équipée d’un masque à gaz. C’est dans ces régions inhospitalières qu’elle a retrouvé l’abeille en pleine recherche de nectar dans les monticules de cendres recouvrant les flancs du volcan.

La mise en évidence de nids à ces niveaux du cratère ont permis de confirmer que l’insecte n’était pas seulement de passage dans la « kill zone » mais y vivait bel et bien. Aidée par une équipe internationale d’experts, la biologiste s’est attelée à documenter cette incroyable population d’abeilles.

Au total, 1.000 à 2.000 spécimens ont été répertoriés. Ces derniers, sont les premiers de leur genre à vivre dans des conditions aussi difficiles. Ils sont constamment exposés aux hautes températures qui peuvent aller jusqu’à 42°C, aux émissions de gaz continues et aux pluies acides.

Abeille volcan Masaya

Abeille de l’espèce Anthophora squammulosa au sommet du volcan Masaya (Source : H. Erenler)

Comme pour la grande majorité des abeilles, A. squammulosa est une espèce solitaire. Selon les scientifiques, les femelles creusent chacune un nid de 30 centimètres de diamètre et y déposent leurs œufs dans les alvéoles. Les larves se développent ainsi dans cet environnement protégé.

Les larves sont nourries au pollen d’une fleur bien spécifique. Les chercheurs ont en effet découvert que 99% provenait de Melanthera nivea, une plante sauvage particulièrement robuste, capable de survivre aux pluies acides. Une solution idéale pour survivre dans un tel environnement. Aussi nocif soit-il, celui-ci présente tout de même des avantages incontestables.

Dans de telles conditions, aucun prédateur, ni parasite ne peut survivre, ce qui laisse aux abeilles le champ libre pour prospérer. Par ailleurs, les racines souterraines ne représentent aucun danger pour leurs nids. Les insectes ne sont tout de même pas à l’abri de tout. En effet, la menace d’une éruption volcanique est constante et leur dépendance à un seul type de plante pourrait les rendre particulièrement vulnérables si les ressources commençaient à manquer.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Le volcanisme« , ainsi que les pages Risques majeurs et Milieu marin/Biodiversité.

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