Séisme en Italie : « c’est une région tectonique très complexe »

Le centre de l’Italie, touché dans la nuit entre mardi et mercredi, par un séisme de magnitude 6,2 se trouve au croisement de plusieurs plaques.

Après L’Aquila en 2009 et Emilie-Romagne en 2012, les tremblements de terre continuent de frapper la péninsule italienne. Dans la nuit de mardi à mercredi, la petite ville d’Amatrice, dans le centre de l’Italie, a été dévastée par un tremblement de terre de magnitude 6,2. Classé comme zone à sismicité haute, « cette région tectonique est très complexe », explique Lucilla Benedetti, directrice de recherche au CNRS – CEREGE qui travaille régulièrement là-bas depuis une vingtaine d’années.

« Les Apennins se trouvent à la frontière de deux microplaques, la plaque Tyrrhénienne à l’ouest et celle Adriatique à l’est », continue la chercheuse. « Poussée par la plaque Africaine, qui progresse d’environ 1 mm par an vers le nord, la microplaque adriatique se retrouve à tourner sur elle-même dans le sens antihoraire, s’éloignant donc de celle Tyrrhénienne. Aujourd’hui, les deux microplaques s’écartent de 1 à 3 millimètres par an et cela engendre tous les séismes de la région ».

Cet écartèlement des Apennins se manifeste, à une plus petite échelle, par l’apparition d’une multitude de failles d’environ 10-15 km tout le long de la botte italienne. Une situation dangereuse car « elles sont si proches que le choc risque de déstabiliser les failles voisines et engendrer un second séisme de la même magnitude ». Les chercheurs sont cependant incapables de prédire s’il arrivera et quand. « Le temps est long en sismologie, ça pourrait être demain comme dans plusieurs mois », note Lucilla Benedetti. Lors des séismes qui avaient touchés le nord du pays en 2012, un premier tremblement de terre de magnitude 6 avait eu lieu le 20 mai suivi neuf jours plus tard d’un second 40 kilomètres plus loin de magnitude 5,8.

Séisme Italie 24/08/2016

Photo aérienne d’Amatrice, après le séisme, mercredi 24 août 2016.

La compréhension de ces mécanismes souterrains est d’ailleurs assez récente. « Dans les années 90, on débattait encore sur le sujet », note la chercheuse qui estime qu’il reste encore « beaucoup de questions sans réponses ».

« Depuis le XIIIème siècle, le centre de l’Italie a déjà été le siège de 11 séismes d’une magnitude supérieure à 5.5 sur l’échelle de Richter, dont deux dépassants même 6, en Ombrie en 1997 et à Aquila en 2009. Amatrice se trouve exactement entre les deux », note Alessia Maggi, chercheuse en sismologie à l’Université de Strasbourg.

Face à ces nombreux tremblements de terre, l’Italie se prépare depuis des années. La majorité des nouveaux bâtiments répondent aux normes antisismiques. « Malheureusement, le séisme de cette nuit a eu lieu dans de petits villages aux maisons très anciennes. C’est très compliqué d’aller expliquer à des familles là-bas depuis des décennies qu’il faut complètement refaire leurs maisons », regrette Lucilla Benedetti.

Côté recherche, l’Italie peut se targuer de posséder un centre de géophysique très respecté, l’Istituto nazionale di geofisica e vulcanologia. « Ils ont un des plus grands réseaux de stations sismiques d’Europe. Cela leur permet de récupérer très vite, un grand nombre de données très précises », explique Lucilla Benedetti. Une stratégie payante puisque selon Thomson Reuters, entre 2000 et 2010, l’institut italien basé à Rome a généré 6139 publications scientifiques sur le sujet, juste un peu moins que la Russie ou les Etats-Unis mais plus que le Japon, largement concernée par les séismes.

Source : Le Figaro

Vous pouvez consulter, sur le site, d’Archipel des Sciences, les expositions « La machine Terre » et « Quand le terre tremble…« , ainsi que la page Risques majeurs.

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