Un vermifuge pourrait être capable de stopper Zika

En passant au crible 6.000 molécules déjà approuvées aux Etats-Unis, des chercheurs ont peut-être mis la main sur un traitement bloquant la multiplication du virus Zika.

Un vermifuge utilisé pour traiter le ver solitaire serait capable de bloquer la multiplication du virus Zika, une découverte qui pourrait accélérer la mise au point de traitements contre cette infection virale à l’origine de lésions cérébrales chez le fœtus. « C’est une première étape vers un traitement capable de stopper la transmission de la maladie » a expliqué le Pr Hengli Tang de la Florida State University (FSU) qui a dirigé l’étude publiée lundi 29 août 2016 dans la revue spécialisée Nature Medicine. Plutôt que trouver un nouveau médicament, des chercheurs de la FSU, de l’Université John Hopkins et des Instituts nationaux américains ont passé au crible 6.000 molécules déjà approuvées aux Etats-Unis ou y faisant l’objet d’essais cliniques.

« Nous nous sommes concentrés sur les molécules les plus proches d’une utilisation clinique » explique le Pr Tang. Lors de travaux menés en laboratoire sur des cellules infectées par Zika, ils ont découverts deux classes de substances, l’une capable de bloquer la multiplication du virus et l’autre d’empêcher la mort des cellules. Dans la première catégorie figure le niclosamide, la substance active de médicaments commercialisés dans le traitement du ténia (ou ver solitaire) depuis une cinquantaine d’années. Dans la seconde, on trouve l’emricasan, un traitement expérimental dans la prise en charge de la fibrose hépatique qui fait actuellement l’objet d’un essai clinique. Les deux classes de substances se sont montrées efficaces avant et après exposition au Zika, avec des bénéfices encore plus importants lorsqu’elles étaient utilisées ensemble.

Aedes aegypti

Aedes aegypti

Bien que le niclosamide soit bien toléré et qu’il ne présente pas de risque pour le fœtus, selon des études faites sur l’animal, les chercheurs ne le recommandent pas chez la femme enceinte. « Il n’y a pas encore de preuve que le niclosamide soit efficace. Des études sur l’animal suivies d’études cliniques sont encore nécessaires », a indiqué l’AFP Hongjun Song, un co-auteur de l’étude. Quant à l’emricasan, il devra encore « suivre le processus normal de développement des médicaments et cela prendra encore quelque temps » ajoute-t-il.

Il n’existe aucun vaccin ni aucun traitement contre Zika. Transmis par des moustiques, le virus est à l’origine d’une épidémie qui a déjà touché 1,5 million de personnes au Brésil. Bénin chez la plupart des gens, il est tenu pour responsable de complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) chez des bébés nés de mères infectées (plus de 1.600 bébés nés à ce jour au Brésil).

Au-delà des femmes enceintes, le niclosamide pourrait, selon les chercheurs, également être utilisé « pour réduire la charge virale chez les hommes et les femmes non enceintes, ce qui réduirait la transmission du Zika et pourrait éviter des cas de Guillain-Barré et d’autres complications chez l’homme ». Le syndrome de Guillain-Barré se traduit par une atteinte des nerfs périphériques caractérisée par une faiblesse, voire une paralysie progressive. « Nos découvertes et les outils que nous fournissons devraient faire avancer de manière significative la recherche actuelle sur Zika et avoir un effet immédiat sur le développement de traitements » contre le virus concluent-ils.

Source : Sciences & Avenir/AFP

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