De moins en moins d’oxygène dans l’atmosphère !

A partir de l’étude de carottes de glace du Groenland, une équipe de chercheurs de l’université américaine de Princeton ont détecté une lente érosion des teneurs en oxygène dans l’atmosphère qui s’est brutalement accélérée au siècle dernier.

Si l’on connait bien les variations des teneurs en CO2 dans l’atmosphère grâce aux bulles d’air emprisonnées dans les carottes de glace de l’Arctique et de l’Antarctique (au moment où ces glaces se sont formées), on avait jusqu’à présent bien du mal à évaluer la proportion d’oxygène dans l’air à travers les âges géologiques. Professeur de géosciences à Princeton, Michael Bender a effacé l’obstacle en mesurant le rapport entre azote (le gaz qui compte pour 78% de la composition de l’atmosphère) et oxygène (21%).

Résultat parus dans Science : lors des 800 000 dernières années, l’oxygène a connu une baisse de 0,7%. Pas de quoi s’affoler, sauf que lors du dernier siècle, cette diminution s’est notablement accélérée pour atteindre 0,1%. Cette accélération a une cause anthropique certaine. « En effet, la combustion qui est à la base de nos moteurs est une réaction d’oxydoréduction qui consomme de l’oxygène », rappellent les auteurs.

Atmosphère terrestre

La composition de l’atmosphère terrestre est aujourd’hui bousculée par l’homme.

Si cette histoire récente est sans surprise, il est plus compliqué d’expliquer pourquoi sur des périodes géologiques longues l’oxygène de l’air décroit sans être accompagné par une augmentation des teneurs moyennes en CO2, relativement stables sur cette période malgré des variations expliquant les âges glaciaires. Pour les chercheurs, l’explication est à rechercher dans un processus conjoint d’augmentation des températures terrestres et de phénomènes géologiques.

Avec l’augmentation des températures, le taux de piégeage du CO2 par les couches de silicate (formant ainsi des carbonates) augmente également, jouant un rôle de stabilisateur à l’échelle des ères géologiques. L’oxygène, lui, est dissous dans les océans (où il est nécessaire à la vie) et par des roches comme les pyrites si bien que les puits absorbant ce gaz sont 2% plus importants que les sources.

C’est cette inertie permettant une composition stable de l’atmosphère qui est aujourd’hui bousculée par l’homme. « La Terre peut gérer les excès en CO2 quand elle a des centaines de millions d’années devant elle pour le faire », prévient John Higgins, l’un des auteurs de l’étude dans un communiqué de l’université de Princeton. « En revanche, l’Humanité est en train de relâcher aujourd’hui du CO2 si rapidement que ce phénomène lent d’altération par les silicates ne peut pas répondre à la même vitesse.

La Terre a des processus de longue durée que l’Humanité a court-circuité ». C’est d’ailleurs pour accélérer cette absorption du carbone par les silicates que des chercheurs ont émis l’idée de capturer et de stocker dans des couches géologiques le CO2 en excès. Une solution aujourd’hui beaucoup trop chère pour constituer une piste viable.

Source : Sciences & Avenir

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Risques majeurs.

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