L’enquête sur « le cratère des dinosaures » au Mexique ne fait que commencer

Une nouvelle étude réalisée dans le cratère de Chicxulub, formé par la météorite qui a provoqué l’extinction des dinosaures, pourrait permettre de répondre aux questions fondamentales qui entourent encore cet évènement qui a changé l’histoire de la Terre.

Il y a 66 millions d’années, une météorite de 10 km de diamètre s’écrasait dans le Golfe du Mexique, provoquant selon la théorie la plus répandue, la disparition des dinosaures. Depuis la découverte du cratère de Chicxulub, dans les années 80, les scientifiques ne cessent d’enquêter sur les lieux du drame pour tenter de mieux comprendre la catastrophe et ses conséquences.

Bonne nouvelle, une équipe internationale de scientifiques va bientôt publier les résultats d’une enquête qui pourrait mettre fin au mystère, a rapporté mardi la BBC. Car les chercheurs ont commencé à analyser les échantillons récoltés lors d’une série de forages menée par l’ECORD (un consortium européen menant des missions scientifiques en mer) sur le site de l’impact et jusqu’à 1335 mètres sous le plancher de la mer des Caraïbes.

Lors des premiers 600 mètres, la foreuse a dû se frayer un passage à travers la couche de sédiments qui s’est accumulée depuis l’impact. Mais une fois arrivé au fond du cratère, elle s’est heurtée à la véritable roche qui a formé le cratère Chicxulub.

Météorite géante extinction dinosaures

Vue d’artiste de l’impact survenu il y a 65 millions d’années ayant causé le cratère de Chicxulub et sans doute provoqué l’extinction des dinosaures (Source : Cambridge Press).

« Ce sont des roches vraiment étranges, indique à la BBC le professeur Jo Morgan, une scientifique de l’université College de Londres et qui a en partie dirigé les recherches. Elles ont formé ce qu’on appelle ‘l’anneau central’. Elles sont vraiment très… ‘Choquées’, pourrions-nous dire. Pressurisées par des chocs de plusieurs dizaines de gigapascals qui les ont totalement déformées (…) Donc, même si elles sont de type granitique, elles sont incroyablement différentes de tout ce qu’on a pu observer jusqu’ici sur Terre. »

« On a pu examiner les premières 10 000 années après l’impact, qui sont dominées par ce que nous appelons les ‘espèces sinistrées’, des organismes qui apprécient particulièrement les ‘environnements stressés' », indique de son côté le professeur Sean Gulick de l’Université du Texas. Et puis nous avons vu le processus d’évolution refaire sa place au cours des quelques centaines de milliers d’années qui ont suivi ».

De quoi faire rêver les chercheurs, qui pensent avoir découvert ce qui pourrait expliquer la biologie actuelle. A savoir des traces fossiles de micro-organismes aquatiques dont ils ont pu récolter un peu d’ADN. « Et ce n’est que le début », s’enthousiasme Jo Morgan. Les premiers indices indiquent que le cratère a été ‘habité’ très peu de temps après l’impact. »

Impact Chicxulub

En 1990, Alan Hildebrand et son équipe découvrirent une structure annulaire de 180 km de diamètre sous les couches sédimentaires situées au nord de la péninsule du Yucatan au Mexique. Cette formation est âgée de 65 millions d’années et coïncide avec l’extension massive du C/T.

Pour en savoir plus, il faudra attendre les résultats de l’équipe de 35 scientifiques formée par les professeurs Gulick et Morgan. Regroupé dans l’Université de Brême, en Allemagne, ils vont récolter et étudier les différents échantillons. Ils comptent apprendre comment le cratère s’est formé, mais aussi calculer l’énergie dégagée lors de l’impact et le volume total de matière expulsée dans l’atmosphère.

« On espère que notre enquête permettra de répondre à quelques-unes des des questions fondamentales sur le cratère, que les gens se posent depuis des dizaines d’années », souligne Sean Gulick. Pour cela, il leur faudra calculer précisément l’énergie dégagée lors de l’impact, le volume total de matière expulsée dans l’atmosphère, la taille du tsunami engendré… Mais aussi comprendre le mécanisme meurtrier qui a provoqué l’extinction de masse des espèces et même l’effet que l’impact a pu avoir sur les autres planètes rocheuses du Système solaire.

Source : L’Express

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