Une grande expédition pour recenser la faune et la flore en Nouvelle-Calédonie

Pour leur cinquième grande expédition dans le cadre du programme du projet La Planète revisitée, le Muséum national d’histoire naturelle et l’ONG Pro-Natura vont recenser les espèces endémiques nombreuses sur ce territoire.

Compter, photographier, recenser, mesurer, décrire… Dans la grande tradition des expéditions naturalistes du siècle dernier, des chercheurs, des étudiants mais aussi des amateurs de haut niveau, sont partis pour une cinquième grande aventure dans le cadre du programme baptisé « La planète revisitée ».

C’est la biodiversité marine et terrestre de la Nouvelle-Calédonie qui va cette fois-ci faire l’objet d’un recensement minutieux, toujours sous la houlette du Muséum national d’Histoire naturelle et de l’ONG Pro-Natura international. « Au sein des archipels, la Nouvelle-Calédonie fait partie de ceux qui attirent des naturalistes depuis le milieu du XIXe siècle et pour lequel on a déjà beaucoup de connaissances », raconte Philippe Bouchet, professeur au Muséum et l’un des pilotes de l’expédition. Mais il reste encore énormément de choses à découvrir.

« Nous sommes loin d’être passé partout et jusqu’à récemment nous n’avions pas pris conscience de l’atomisation de la biodiversité selon les zones géographiques », poursuit le chercheur. « En parcourant 50 kilomètres on peut changer complètement de pays, et nous disposons aujourd’hui d’outils d’investigation très sophistiqués permettant notamment d’obtenir des données moléculaires (séquences ADN) et numériques (images des animaux vivants, sons). »

Iles des Pins

La mission a débuté en août par une exploration autour de l’île des pins (ici, la baie d’Upi).

L’une des caractéristiques de ce territoire est, comme sur toutes les îles, l’endémisme de sa faune comme de sa flore. Autrement dit, la Nouvelle-Calédonie abrite beaucoup d’espèces que l’on ne trouve que là. « On a découvert des espèces d’arbres inconnus mais dont on n’a recensé que 20 ou 30 pieds », souligne encore le scientifique, ce qui est un marqueur de très grande vulnérabilité. Connaître avant une possible disparition, c’est évidemment l’un des objectifs de l’expédition. Tous les naturalistes ont en tête l’idée que l’on pourrait vivre une sixième grande extinction. « On pense que les deux tiers voir les trois quarts des espèces existant restent à découvrir, mais que le tiers, le quart ou la moitié aura disparu avant la fin du siècle », se désole Philippe Bouchet.

Mais point de pessimisme pour cette expédition en Nouvelle-Calédonie : l’idée est que l’expédition « soit l’occasion d’une appropriation culturelle par la population de la faune et de la flore du territoire, que chacun arrive à considérer que c’est sa responsabilité morale » de la préserver. La mission a débuté en août dernier par une exploration hauturière à la découverte des espèces vivant entre 100 et 800 mètres de profondeur autour de l’île des Pins. Elle se terminera en novembre 2017 par l’exploration des eaux intérieures de la Grande-Terre, île principale de la Nouvelle-Calédonie.

La mission étudiera également la faune et la flore terrestres, notamment dans les massifs d’Inédète et de Tchingou. Les scientifiques vont par exemple aller à la recherche d’un insecte connu sous le nom de «trichoptère», dont il existerait plus de 12.000 espèces. « On en connaît déjà 250 qui sont endémiques en Nouvelle-Calédonie, et le spécialiste suédois de ce petit animal pense qu’il devrait y en avoir entre 450 et 500 », explique Philippe Bouchet, qui compte aussi beaucoup sur les naturalistes amateurs pour débusquer animaux ou plantes encore inconnues.

L’expédition bénéficie d’une enveloppe d’environ 1,2 million d’euros financés notamment par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, la province du Nord et celle du Sud, ainsi que par diverses entreprises. Mais les responsables espèrent bien obtenir d’autres fonds auprès notamment de la Fondation Total et la Fondation prince Albert II de Monaco, pour pouvoir mener les travaux jusqu’en 2018.

Cinquième du genre, le programme de la Nouvelle-Calédonie arrive après « Santo 2006 » au Vanuatu, le Mozambique et Madagascar (2009-2010), la Papouasie Nouvelle-Guinée (2012-2014) et enfin la Guyane (2014-2015), une mission qui a elle seule a permis de rapporter quelque 300.000 échantillons.

Source : Le Figaro

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Espèces en danger de la mer des Caraïbes« , ainsi que la page Milieu marin/Biodiversité.

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