La nébuleuse de la Carène et ses piliers de la destruction

Les astronomes ont une nouvelle muse : l’instrument éponyme installé sur le VLT. Grâce à Muse, ils sont ainsi en mesure de percer les secrets d’objets comme la nébuleuse de la Carène et ses piliers de la destruction (aussi appelés piliers de la création), où des étoiles y sont en gestation. De quoi mieux comprendre les interactions des jeunes étoiles massives sur les structures de gaz qui les entourent.

Il y a plus de 20 ans, l’acuité d’Hubble dévoilait les turgescences de gaz, où des étoiles sont en gestation, au cœur de la nébuleuse de l’Aigle. Surnommé les « piliers de la création », leur portrait a fait le tour du monde et est devenu une des images les plus exhibées capturées par le télescope spatial. Les nouvelles caméras qui lui ont été greffées ensuite n’ont pas déçu : les images de cette région cosmique, distante d’environ 7.000 années-lumière de la Terre, furent encore plus saisissantes.

Ailleurs dans la Voie lactée, Hubble a aussi dépeint, il y a quelques années, de semblables structures dans la nébuleuse de la Carène (voir ci-dessous), autre foyer de création stellaire actif, situé quant à lui, à quelque 7.500 années-lumière.

Nébuleuse de la Carène

Les nuages moléculaires de la nébuleuse de la Carène saisis par le télescope spatial Hubble. (Source : NASA/ESA/Hubble Heritage Team)

C’est au tour du VLT cette fois de sonder les entrailles de cette nébuleuse au prisme de l’instrument Muse (Multi Unit Spectroscopic Explorer) — un extraordinaire spectrographe à champ intégral qui ressemble à une machine de la trilogie Matrix — installé sur un télescope terrestre géant, en l’occurrence Yepun (nom mapuche de « l’astre qui porte la nuit », généralement associé à Vénus), à l’observatoire de Paranal, au Chili. L’ESO le décrit ainsi : « L’énorme potentiel de Muse repose sur sa capacité à générer, au même instant, des milliers d’images de la nébuleuse à des longueurs d’onde différentes ». De cette façon, les chercheurs sont en mesure de « cartographier les propriétés physiques et chimiques de la matière en différentes zones de la nébuleuse ».

Anna McLeod, doctorante à l’ESO, et son équipe se sont livrés à une étude comparative de la dizaine de piliers connus, s’intéressant en particulier au phénomène de « photo-évaporation » défini par l’interaction des rayons ionisants des jeunes et vigoureuses étoiles massives sur ces concentrations de gaz environnantes, plus ou moins denses.

Ils ont pu ainsi établir une relation de cause à effet. Ils ont, en outre, montré que ces processus mal connus, en apparence destructifs, pourraient être par ailleurs plus constructifs et féconds qu’on ne le pensait, jusqu’à préparer l’accouchement de nouvelles étoiles… en d’autres termes, en constituant de nouveaux empilements de matière, propices à la procréation d’étoiles.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « Promenade spatiale au fil des ondes« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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