Les fous de Bassan et les macareux moines inquiètent les scientifiques français

La diminution des populations de fous de Bassan et de macareux moines en Bretagne inquiète les scientifiques.

Alors même qu’il n’existe qu’une colonie en France métropolitaine pour ces deux espèces, les populations de fous de Bassan (Morus bassanus) et de macareux moines (Fratercula arctica) diminuent de manière inquiétante. En effet, concernant les macareux, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), n’a recensé durant l’été 2016 que 130 couples de macareux au cœur de la réserve naturelle des Sept-Iles, dans les Côtes-d’Armor, contre 162 en 2015 et entre 7.000 à 8.000 dans les années 1950.

Ce niveau de population, sur le « dernier bastion de l’espèce en France métropolitaine », montre « le degré de vulnérabilité de cette espèce » qui ne se reproduit qu’à raison d’un poussin par couple et par an, souligne Pascal Provost, le conservateur de la réserve. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime que le macareux moine est dorénavant « en danger critique » d’extinction en France. L’avenir de l’espèce repose désormais sur l’abondance future des ressources alimentaires. Des études à long terme permettront aussi d’analyser les effets du changement climatique.

Macareux moine

Les macareux moines sont proches de l’extinction en France (Source : Shuttersto/SIPA).

L’unique colonie du territoire français de fous de Bassan comptait 21.000 couples durant l’été 2016. Si le chiffre peut paraître satisfaisant, il est en réalité inquiétant. En effet, alors que leur population augmentait depuis les années 1980, « on assiste, ces dernières années, à une stabilisation, voire à une régression », assure David Grémillet. Directeur de recherches au CNRS. Ce dernier travaille au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (Cefe) de Montpellier, qui suit l’espèce en équipant certains individus de GPS et de caméras.

« Pour nous, scientifiques, il y a deux raisons de s’inquiéter », explique-t-il à l’AFP. « La première, porte sur l’état des ressources marines. On voit chaque année, les fous de Bassan parcourir des distances de plus en plus importantes (jusqu’à 600 km) pour trouver des ressources alimentaires ». Selon le chercheur, c’est le signe « que la ressource se raréfie en Manche Ouest », lieu de nourrissage de ces oiseaux. Ces derniers ne sont pas mieux lotis après leur migration. En effet, la ressource se tarit aussi au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Là-bas, il y a même des oiseaux qui sont capturés, pointe M. Grémillet. « On est très inquiets car cette mortalité affecte les adultes », leur reproduction étant aussi limitée à un poussin par an et par couple.

La protection de ces deux espèces passe également par la préservation de leur milieu de vie. Ainsi, des associations pointent les conséquences négatives que pourrait avoir le projet d’extraction de sable d’une dune sous-marine toute proche, en baie de Lannion, un secteur abritant une partie des proies potentielles des oiseaux marins de la réserve. M. Grémillet plaide également pour une « reconstitution des stocks » de poissons, nécessaire tant pour les oiseaux que pour les pêcheurs qui souffrent eux aussi de leur raréfaction. Sinon, il se pourrait que « la population de macareux s’éteigne localement » et que celle des fous de Bassan, « continue de décroître ».

Source : Sciences & Avenir/AFP

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