Le champ magnétique de la Terre ne ferait que fluctuer depuis 3.000 ans

Des poteries bien datées fabriquées en Judée sur une période de mille ans avant notre ère ont permis d’étudier les variations du champ magnétique terrestre. La baisse observée actuellement serait en réalité similaire aux fluctuations de cette époque et donc non annonciatrice d’une possible inversion magnétique.

Depuis que l’année 2012 est derrière nous, la désinformation pseudo-scientifique de type New Age avec ses faits alternatifs est devenue moins présente en ce qui concerne les supposés effets et catastrophes d’une inversion du champ magnétique de la Terre, laquelle serait imminente. Il n’en reste pas moins que les géophysiciens spécialistes du magnétisme continuent à s’interroger sur la baisse de l’intensité du champ magnétique observée et mesurée depuis plus d’un siècle.

Pour ceux qui s’inquièteraient encore de l’occurrence de cette inversion, une équipe internationale d’archéologues, de géophysiciens et de spécialistes des sciences de la Terre vient de publier un article dans Pnas qui devrait contribuer à les rassurer. Les chercheurs se sont en effet intéressés aux champs magnétiques fossilisés enregistrés dans des jarres en terre cuite trouvées en Judée et dont les datations montrent qu’elles ont été fabriquées entre le VIIIe et le IIe siècle avant Jésus-Christ.

Poterie

Une poterie étudiée comme mémoire du champ magnétique terrestre (Source : Oded Lipschits).

Le phénomène de rémanence thermomagnétique avec des argiles est bien connu depuis la fin du XIXe siècle où il avait été découvert dans des poteries datant de l’antiquité. Il se trouve en effet que les argiles se comportent comme un matériau ferromagnétique et qu’elles peuvent donc s’aimanter spontanément en suivant l’orientation du champ magnétique dans lequel elles sont plongées en se refroidissant sous leur température de Curie, après avoir été chauffées au-delà. C’est d’ailleurs en étudiant le champ magnétique fossilisé dans une couche d’argile au contact d’une coulée de lave et située près du hameau de Pont-Farin que le physicien français Bernard Brunhes a fait la découverte des inversions du champ magnétique de la Terre en 1905.

Dans le cas présent donc, ce sont 67 anses de poteries en terre cuite fabriquées dans la région autour de Jérusalem pendant environ six siècles qui ont été soumises aux méthodes de mesures de la science du paléomagnétisme. Elles sont intéressantes parce qu’elles portent des sceaux royaux indiquant donc précisément à quelle période de l’histoire de la Judée durant l’antiquité gréco-romaine elles ont été fabriquées. Ils ont donc pu retracer l’évolution de l’intensité du champ magnétique local à défaut de son orientation (avec des roches restées en place, on peut avoir accès à cette information).

Les chercheurs ont alors fait plusieurs découvertes. Tout d’abord, le champ magnétique terrestre semble avoir subi une brusque augmentation au VIIIe siècle avant Jésus-Christ avant de perdre 27 % de son intensité en quelques décennies. Mais surtout, pendant les six siècles où l’on dispose maintenant d’enregistrements magnétiques fiables, le champ a fluctué en intensité avec des valeurs telles qu’il semble que la baisse constante constatée depuis presque 200 ans ne soit qu’une simple fluctuation autour d’une valeur moyenne qui n’indiquerait donc aucune évolution actuelle en direction d’une inversion magnétique.

Source : Futura-Sciences

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