Origine de la vie : les plus vieux fossiles peut-être trouvés au Québec

Depuis des décennies, les géologues ont découvert des structures intrigantes qui laissent penser qu’il s’agirait de microfossiles âgés de plus de 3,5 milliards d’années. Pourtant, ces découvertes sont souvent contestées. La dernière en date battrait tous les records : les microfossiles supposés ont été trouvés au Québec, dans des roches âgées d’au moins 3,77 milliards d’années.

Les archives géologiques de la Terre se font de plus en plus rares et de plus en plus difficiles à déchiffrer lorsque l’on remonte dans le temps de l’Archéen, vers l’Hadéen. Il est donc particulièrement délicat de déterminer de quand date l’apparition de la vie sur Terre.

Toutefois, en 2008, des chercheurs ont fait une annonce surprenante. Selon eux, ils avaient démontré que des roches présentes le long de la côte de la baie d’Hudson, dans le nord du Québec — dans une région appelée « Ceinture de roches vertes du Nuvvuagittuq » (Nuvvuagittuq Supracrustal Belt, en anglais, ou NSB) –, s’étaient mises en place il y a environ 4,3 milliards d’années, soit quelques centaines de millions d’années seulement après la formation de la Terre.

Or, voilà qu’une équipe internationale de chercheurs en géosciences vient de publier un article dans Nature annonçant la découverte de traces de formes de vie, dans des roches de la même région du Québec, qui seraient âgées d’au moins 3,77 milliards d’années, et peut-être plus : jusqu’à 4,3 milliards d’années. Si tel est bien le cas, il s’agirait des plus anciennes preuves de l’existence d’organismes vivants sur Terre connues à ce jour.

Ceinture de roches vertes du Nuvvuagittuq Québec

Les plus vieux fossiles ont-ils été trouvés au Québec ?

En l’occurrence, les chercheurs pensent avoir découvert des microfossiles, c’est-à-dire des restes fossilisés de micro-organismes. Précédemment, le record était détenu par des restes similaires trouvés en Australie-Occidentale avec un âge estimé à 3,46 milliards d’années (voir aussi l’article ci-dessous à propos de la découverte possible de restes fossilisés de stromatolites construits par des cyanobactéries il y a 3,7 milliards d’années). Les supposés microfossiles du Nuvvuagittuq se présentent sous la forme de tubes et de filaments en hématite (un minéral à base d’oxyde de fer) retrouvés à l’intérieur de couches constituées de quartz.

Si elle se confirmait, cette découverte serait intéressante à plus d’un titre :

  • Déjà, il faut savoir que la Ceinture de roches vertes du Nuvvuagittuq contient des dépôts sédimentaires et d’autres roches laissant penser qu’elle se serait formée dans une zone volcanique analogue à celle où, de nos jours, on observe des sources chaudes hydrothermales. Cela ne peut donc que renforcer dans leur croyance ceux qui pensent que la vie est apparue dans ces sources chaudes.
  • Enfin, des microfossiles âgés d’au moins 3,77 milliards d’années, et peut-être de quelques centaines de millions d’années de plus, laissent penser que la vie est apparue très vite sur Terre.
  • En bonus, on peut penser également que tout ceci apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent que la vie a pu apparaître très vite sur Mars, alors que des conditions similaires y régnaient et qu’il y avait d’abondantes étendues d’eau liquide et un volcanisme actif.

La prudence s’impose néanmoins. Ce n’est pas la première fois que des structures faisant penser à des restes de filaments constitués de cellules fossilisées sont découvertes. Dans plusieurs cas, on s’est rendu compte par la suite que ces structures pouvaient avoir été créées par des processus abiotiques. C’est arrivé avec des soi-disant microfossiles découverts en Australie.

Les chercheurs en sont bien conscients. C’est pourquoi ils ont fourni plusieurs arguments soutenant la thèse qu’il s’agit bien de microfossiles, et non pas de concentrations en hématite produites par des changements de pression et de température que les roches les contenants auraient subis.

Ces arguments sont les suivants :

  • En premier lieu, les tubes et filaments ont des caractéristiques au niveau des divisions qui sont similaires à celles des tubes et filaments formés par des bactéries pratiquant la chimiotrophie à partir de l’oxydation du fer et que l’on trouve de nos jours au voisinage des évents hydrothermaux.
  • Enfin, on trouve du graphite et des minéraux carbonatés et phosphatés, également associés à des formes vivantes et à leurs restes fossilisés.

Gageons tout au moins que les recherches vont se multiplier au Nuvvuagittuq, en particulier celles menées par des exobiologistes intéressés par les environnement martiens.

Source : Futura-Sciences

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