SN 1987A, cette supernova découverte il y a 30 ans qui a révolutionné l’astronomie

En 1987, des astronomes ont assisté à l’explosion massive d’une étoile : la supernova SN 1987A devenue l’explosion stellaire la plus proche observée avec des instruments modernes. Pour célébrer les 30 ans de l’évènement, de nouvelles images du phénomène ont été dévoilées.

Il y a 30 ans, c’est un évènement historique auquel ont assisté des astronomes. Un évènement qui a permis de révolutionner la compréhension de la mort des étoiles. Le 23 février 1987, l’opérateur de télescope Oscar Duhalde se trouvait à l’observatoire de Las Campanas au Chili lorsqu’il a repéré une étoile particulièrement lumineuse qu’il n’avait jamais vue auparavant.

L’astre est apparu dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine qui figure parmi les plus proches de la Voie lactée. Cette même nuit, un second astronome également présent à Las Campanas, Ian Shelton, a réalisé la même observation. Il a d’abord cru qu’il s’agissait d’un défaut apparu lors de l’observation, mais il a rapidement changé d’avis en discutant avec ses collègues.

Cette étoile lumineuse ne venait pas de naitre, elle était en train de mourir et sa luminosité provenait en réalité d’une supernova résultant de l’explosion de l’astre : la supernova 1987A. Selon les scientifiques, l’étoile en question, Sanduleak -69° 202a, était une supergéante bleue 20 fois plus massive que le Soleil. Et sa mort a permis de la faire entrer dans l’histoire de l’astronomie.

Supernova SN 1987A

Le rémanent de la supernova SN 1987A dans le Grand Nuage de Magellan, observé le 31 janvier 2010 par l’instrument STIS du télescope spatial Hubble. Les deux points brillants sont des étoiles d’avant-plan. (Source : NASA/ESA/University of Colordo/Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics)

La supernova 1987A (SN 1987A) est devenue la plus proche et la plus lumineuse identifiée depuis plusieurs décennies. Mais aussi la première observée avec des instruments modernes. D’après les rapports, le phénomène titanesque a libéré l’énergie de 100 millions de Soleil au cours des mois qui ont suivi sa découverte, offrant une chance unique aux chercheurs.

SN 1987A s’est révélée être « la meilleure opportunité jusqu’ici pour les astronomes d’étudier les phases avant, pendant et après de la mort d’une étoile », explique dans un communiqué la NASA. Avant cela, les connaissances sur les supernovæ étaient en effet très limitées mais en étudiant l’évolution de SN 1987A, on a pu obtenir un aperçu révolutionnaire du phénomène.

Dès 1990, SN 1987A a été étudié à de nombreuses reprises en utilisant divers instruments dont le télescope Hubble, le réseau ALMA installé au Chili et l’Observatoire à rayons X Chandra. Ceci a permis d’observer sa structure et de découvrir que les matériaux, poussière et gaz, détectés ont été éjectés quelque 20.000 ans avant que la véritable explosion ne se produise, formant un anneau autour de l’étoile.

L’explosion aurait eu lieu il y a environ 168.000 ans (le temps que la lumière parvienne jusqu’à nous) et créé un flash de lumière ultraviolette qui a excité le gaz au sein de l’anneau, le faisant briller durant des décennies. « Entre 1999 et 2013, les données de Chandra ont montré que l’anneau en expansion devenait constamment plus brillant », grâce à l’onde de choc qui a réchauffé le gaz et conduit à l’émission de rayons X, poursuit la NASA.

Pour célébrer les 30 ans de l’évènement, de nouvelles images, animations et données sur la supernova capturées ces dernières années ont été dévoilées. Elles révèlent que le phénomène semble être entrer dans une nouvelle phase majeure. Depuis quelques années, l’anneau a cessé de devenir plus brillant, affichant une émission constante de rayons X de faible énergie.

L’une des parties de l’anneau a également commencé à s’affaiblir. Des changements qui suggèrent pour les astronomes, que l’onde de choc a gagné une région de l’anneau où le gaz est moins dense, ce qui rapprocherait SN 1987A de sa fin mais pourrait être le début de quelque chose d’autre.

Grâce à ALMA, les astronomes ont observé à partir de 2012 que les restes de la supernova semblaient former de grandes quantités de poussière à partir des nouveaux éléments issus de l’étoile progénitrice. « Une portion de cette poussière fera son chemin dans l’espace interstellaire et pourrait devenir les blocs de construction de futures étoiles et planètes dans un autre système », avance la NASA.

Ces observations suggèrent que la poussière de l’Univers jeune s’est probablement formée à partir d’explosions de supernova similaires. Toutefois, de nombreuses questions restent en suspend sur ce qui se passe réellement à l’intérieur de ces phénomènes comme sur leur évolution. L’étude de SN 1987A est donc loin d’être terminée.

« La valeur de ces 30 années d’observation de SN 1987A est importante car elles fournissent un aperçu des derniers stades de l’évolution stellaire », a conclu Robert Kirshner du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics dans le Massachusetts.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « Promenade spatiale au fil des ondes« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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