Un jeu pour découvrir les sources hydrothermales

L’Ifremer lance le jeu « Espions des grands fonds » pour aider les scientifiques à analyser les images issues d’observatoires déployés sur les dorsales Pacifique et Atlantique.

C’est probablement au fond des océans et autour des sources hydrothermales que la vie est apparue sur Terre. Ces structures, découvertes lors des premières explorations sous-marines robotisées (dans les années 1980), rejettent de l’eau chaude et des tas de minéraux et gaz dissous. Autour de chacune d’elles se développe un écosystème unique composé de centaines d’espèces de crevettes, d’anémones, de poissons et de gastéropodes.

La plupart d’entre elles abritent des formes de vie jamais vues ailleurs dont le métabolisme est basé sur la chimiosynthèse : la chaîne alimentaire repose sur des micro-organismes qui se développent en utilisant l’énergie des composés chimiques (méthane, hydrogène, sulfure…) contenus dans les fluides hydrothermaux.

Module Tempo Ifremer

Module d’observation TEMPO avec sa caméra, les quatre projecteurs et les sondes de mesures de température, oxygène et analyseur de fer. Ce module est déployé sur le site actif Grotto de la dorsale Juan de Fuca. (Source : Ifremer)

Pour étudier cette faune quasi extraterrestre, les scientifiques déposent des robots près des sources hydrothermales. Ces engins enregistrent un tas de paramètres différents et certains d’entre eux, munis de caméras, filment aussi en continu la vie qui y prospère. Ainsi, l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) dispose de deux unités d’observation installées l’une sur la dorsale médio-atlantique et l’autre sur la dorsale Juan de Fuca dans l’océan Pacifique, fixées à plus de 1700 mètres de profondeur.

Elles ont, depuis 2010, cumulé plus de 5000 heures d’images ! Beaucoup trop pour que les chercheurs de l’Ifremer puissent les traiter en interne. « C’est pourquoi nous faisons appel à un public large pour identifier les espèces présentes dans les images de fonds marin issues de nos archives vidéo. Cette participation nous permettra de mieux connaître le comportement et la distribution de certaines espèces endémiques et ainsi définir les habitats spécifiques associés à chacune d’elles », explique Marjolaine Matabos du Laboratoire Environnement Profond.

Pour avoir de l’aide, les chercheurs ont donc mis au point le jeu « Espions des grands fonds » qui permet de découvrir les mystères des profondeurs océaniques tout en contribuant au travail d’un laboratoire de recherche. « Il s’agit d’un jeu d’observation dans lequel les participants doivent rechercher des espèces vivantes et les annoter à l’écran », décrit Marjolaine Matabos. Pour ceux qui veulent y participer, il s’agit en fait d’observer les images prises par les deux observatoires et d’y repérer les espèces listées et enfin de les mesurer.

Source : Sciences & Avenir

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