Une semaine pour percer les mystères du cerveau

Organisée partout en France du 13 au 19 mars 2017, la Semaine du cerveau est l’occasion pour le grand public de découvrir les progrès les plus importants réalisés en neurosciences ces dernières années.

Câblage du cerveau, capacité d’apprentissage, mémoire, rôle des émotions : la « Semaine du cerveau » sera l’occasion pour les chercheurs de faire le point sur les progrès importants réalisés en neurosciences. « Les recherches avancent à grands pas dans de nombreux domaines », souligne Jean-Antoine Girault, président de la Société des neurosciences qui organise ce grand rendez-vous annuel de conférence et d’expositions destiné au grand public.

Plus de 500 chercheurs issus des grands instituts de recherche et du monde hospitalo-universitaire devraient participer à cette campagne d’information gratuite qui débute lundi 13 mars 2017 en proposant des expositions, des films, des conférences grand public, des ateliers et des animations pour enfants dans une trentaine de villes en France. En 2016, la « Semaine du cerveau » avait rassemblé entre 35.000 et 40.000 personnes au total, dont de nombreux enfants d’âge scolaire.

« Tout se passe sur la base du volontariat, les chercheurs proposent des thèmes à la Société des neurosciences qui garantit la qualité des interventions », explique Roland Salesse, le coordinateur de la semaine. Le cerveau humain est une machine particulièrement complexe, qui compte environ 80 à 100 milliards de neurones assurant la transmission de l’influx nerveux.

Semaine du cerveau 2017

« Mais ce qui compte ce n’est pas le nombre de neurones, c’est le nombre de connexions ou synapses – jusqu’à 10.000 fois plus élevé – qui continuent à se développer et à se réarranger tout au long de la vie », relève M. Salesse. La recherche s’intéresse notamment aux apprentissages, aux liens entre mémoire et émotion ou encore à l’évolution du cerveau avec l’âge, une équipe travaillant plus particulièrement sur les corrélations existant entre le développement du cerveau et des fonctions cognitives supérieures comme la conscience de soi.

Pour M. Girault, l’un des « grands défis » des années à venir sera de mieux connaître le schéma de câblage du cerveau. Grâce aux progrès importants réalisés par l’imagerie médicale ces dernières années, il est déjà possible de voir ce câblage « au niveau intermédiaire » chez l’homme et de détecter certaines anomalies. Des travaux menés actuellement sur des souris devraient permettre de préciser les détails et d’avoir à terme « une vision très fine » de l’ensemble du cerveau au niveau microscopique, ajoute le neurobiologiste.

Parmi les autres progrès figure la capacité de stimuler de manière très sélective certains neurones. C’est le cas de l’optogénétique, une méthode qui permet de rendre certains neurones photosensibles (sensibles à la lumière) en combinant le génie génétique et l’optique. Des études sont en cours pour utiliser l’optogénétique pour traiter certains cas de cécités en introduisant dans l’organisme des protéines photosensibles produites par des algues ou des bactéries dans une rétine artificielle pour obtenir une image pixelisée.

Les chercheurs attendent également des retombées de leurs travaux dans le domaine des maladies neurodégénératives comme Alzheimer, mais également dans certaines affections psychiatriques dont le risque augmente « lorsqu’on est en présence d’une combinaison de gènes et de circonstances environnementales particulières (stress, agression) », note M. Girault.

Il rappelle que « pratiquement tous les neurones ont la capacité d’apprendre » et que le cerveau est capable de remodeler ses connexions (on parle de plasticité cérébrale) en fonction de l’environnement et des expériences vécues. C’est notamment le cas après un accident vasculaire cérébral (AVC) lorsque d’autres régions compensent une région qui ne fonctionne plus. M. Girault avertit toutefois que « tout ne peut pas être compensé, que cela dépend de la localisation ». « On commence à disposer d’outils qui devraient permettre de réparer beaucoup de choses », résume M. Salesse, un spécialiste des mécanismes olfactifs qui explique que les odeurs peuvent aider à réactiver certaines parties de la mémoire, tout comme la musique, même s’il existe encore peu d’études sur le sujet.

Source : Sciences & Avenir/AFP

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