Voie lactée : des chercheurs ont percé le mystère du déplacement de notre galaxie

Une équipe internationale de chercheurs est parvenue à comprendre pourquoi notre galaxie, la Voie lactée, se déplace à quelque 2,3 millions de kilomètres par heure. Ceci proviendrait d’une immense région vide jouant un rôle de « repousseur » : le Dipole Repeller.

Notre galaxie n’est pas immobile sur la toile cosmique. La Voie lactée tourne en effet sur elle-même et se déplace aussi à travers l’espace, comme sa compagne la galaxie d’Andromède. Les astrophysiciens ont découvert l’existence de ce mouvement depuis quelque 40 ans mais son origine restait indéterminée. Du moins jusqu’ici.

Grâce à une étude publiée le 30 janvier dans la revue Nature Astronomy, des scientifiques pensent avoir résolu le mystère. Ils ont découvert dans notre voisinage extragalactique, l’existence d’une immense région vide qui jouerait un rôle de « repousseur » sur notre galaxie. Son nom : le Dipole Repeller.

D’après les estimations des scientifiques, la Voie lactée se déplace dans l’espace à la vitesse vertigineuse de 630 kilomètres par seconde, soit 2,3 millions de kilomètres par heure. Pour expliquer ce déplacement, les recherches se sont portées par le passé sur la possibilité d’un excès de galaxies situées dans la direction générale de ce mouvement.

Voie lactée Antilles

La Voie lactée saisie dans toute sa splendeur depuis les Antilles françaises (Source : J. Blanchard ).

Cette hypothèse a conduit à l’identification du Grand Attracteur, une région d’une demi-douzaine d’amas riches en galaxies et situé à une distance de 150 millions d’années-lumière de nous. Sauf que ce Grand Attracteur ne permettait pas totalement de résoudre le mystère. L’attention des spécialistes s’est alors tournée vers une entité plus importante.

Dans la même ligne de visée, directement derrière le Grand Attracteur, ils ont découvert ce qu’ils ont appelé la Concentration de Shapley, un superamas de galaxies située à 600 millions d’années-lumière de nous qui jouerait également le rôle d’attracteur. Néanmoins, là encore, l’énigme ne paraissait pas totalement résolue.

En effet, les deux attracteurs ne semblaient pas suffire pour expliquer notre mouvement. D’autant plus que le déplacement ne pointe pas exactement dans la direction de Shapley comme cela devrait être le cas. Pour faire avancer le problème, les spécialistes ont alors avancé l’intervention potentielle d’une autre structure qui agirait également sur notre galaxie.

C’est précisément l’existence de cette région que l’équipe internationale constituée notamment de scientifiques du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), a réussi à confirmer. Concrètement, il s’agirait d’une région sous-dense, un « vide » extragalactique qui exercerait une force de répulsion sur notre galaxie. D’où son nom de Dipole Repeller.

« En cartographiant le flot de galaxies à travers l’espace, nous avons découvert que la Voie lactée est accélérée par une vaste région de faible densité auparavant inconnue », a expliqué le Pr Yehuda Hoffman de l’Université hébraïque de Jérusalem. « En plus d’être attiré vers la Concentration de Shapley, nous sommes aussi repoussés par le nouvellement découvert Dipole Repeller ».

D’après l’étude menée, les forces répulsives et attractives provenant d’entités lointaines seraient d’importance comparable à l’emplacement de notre galaxie. L’équipe en a ainsi déduit que les influences majeures à l’origine du mouvement de la Voie lactée seraient d’une part, l’attracteur de Shapley et d’autre part, cette vaste région du Dipole Repeller.

Cette découverte va permettre aux astrophysiciens d’en apprendre davantage sur le mouvement de notre galaxie. Toutefois, ils doivent encore percer les secrets de cette étrange région faite de « vide » dont on ne connait presque rien à l’heure actuelle.

« C’est pourquoi les astrophysiciens préparent maintenant des relevés ultra-sensibles en optique, proche-infrarouge et radio qui permettront d’identifier les rares galaxies qui peuvent résider dans et autour d’un tel vide afin d’en approfondir notre connaissance », conclut le CEA dans un communiqué.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des sciences, l’exposition ‘Initiation à l’astronomie« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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