Ces étoiles sœurs naissent presque avec le même axe de rotation

Grâce au satellite Kepler, des astrophysiciens ont pu étudier des étoiles situées dans de vieux amas ouverts. Ils ont découvert qu’un nombre anormalement élevé de ces étoiles avaient des axes de rotation presque parallèles. Cela contredit les modèles classiques de naissance des étoiles.

Tout comme son cousin européen (le défunt CoRot), le satellite Kepler n’est pas seulement en mesure de chasser les exoplanètes par la méthode des transits. Il peut aussi être utilisé pour faire de l’astérosismologie, c’est-à-dire pour étudier les mouvements sismiques (aussi appelés « oscillations ») des étoiles.

En effet, les étoiles sont des boules de plasma autogravitant. Elles sont donc susceptibles d’être parcourues par des ondes pouvant être analysées comme des combinaisons de modes propres d’oscillations. Il en est d’ailleurs de même pour la Terre, qui peut se comporter comme un corps élastique vibrant en réponse à des ondes sismiques. (Les caractéristiques de ces ondes nous permettent de voir des structures à l’intérieur de la Terre et d’en déterminer la composition. C’est de cette manière, par exemple, que la Danoise Inge Lehmann a découvert la graine de la Terre.)

Les astrophysiciens entreprirent donc, il y a des dizaines d’années, d’appliquer l’équivalent de la sismologie de leurs collègues géophysiciens (qui, après tout, étudient un astre, la Terre) aux étoiles. Ce fut d’abord le cas avec l’étoile la plus proche de la Terre, le Soleil, ce qui, tout naturellement, donna naissance à l’héliosismologie.

Télescope Kepler

Télescope Kepler

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Finistère : découverte de tablettes gravées vieilles de 14 000 ans

Exhumées près de Plougastel-Daoulas, ces gravures apportent un témoignage inédit sur la culture des chasseurs-cueilleurs de la période dite « azilienne ».

« Cette iconographie était-elle liée à la chasse, peut-être pour assurer son succès ? Etait-elle strictement symbolique, ou un simple passe temps ? » Les archéologues qui ont étudié le rocher de l’Impératrice, un abri sous roche situé au pied d’une falaise, dans des bois près de Plougastel-Daoulas (Finistère), se posent la question. Mais n’ont pas la réponse. La tête d’auroch auréolée de traits rayonnants, gravée sur une plaquette qu’ils ont mise au jour en 2013, ne correspond à rien de connu dans la culture azilienne à laquelle appartient le site. Celui-ci a livré à ce jour 45 fragments de schiste gravés il y a 14 000 ans – il s’agit des plus anciens témoignages graphiques jamais découverts en Bretagne.

Les deux principales pièces gravées, décrites dans la revue PloS One du 3 mars, jettent une lumière nouvelle sur cette période de la préhistoire de la fin du paléolithique, avant que les chasseurs-cueilleurs ne cèdent la place aux éleveurs agriculteurs du néolithique. L’ère glaciaire va prendre fin dans quelques millénaires, le niveau de la mer est encore bien plus bas qu’aujourd’hui (90 m), et le « relais de chasse » du rocher de l’Impératrice est alors à 50 km de la côte, surplombant une vallée très encaissée.

Le responsable de la fouille Nicolas Naudinot (université de Nice-Sophia-Antipolis, CNRS) et ses collègues ont étudié le site chaque été depuis 2013, discrètement, « par peur des pillages », certains chasseurs de vestiges n’hésitant pas à dérober des blocs de sol qu’ils tamisaient à même la forêt. L’abri est désormais protégé par un grillage de 3 m de haut, si bien que les archéologues se sont décidés à rendre publique leur découverte, un « corpus graphique exceptionnel ». « On a subi ce côté cachottier, qui est à double tranchant, car cela attise les convoitises », explique Nicolas Naudinot.

Tablette gravée Plougastel-Daoulas

Tablette gravée ornée sur chaque face d’une tête d’auroch, trouvée près de Plougastel-Daoulas (Finistère), datant de 14 000 ans (Source : Plos One).

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Le cadavre d’un marsouin du Pacifique retrouvé : l’extinction se rapproche encore

En mars 2017, le corps d’un jeune marsouin du Pacifique a été trouvé sur une plage mexicaine. Un coup dur pour cette espèce qui ne compte plus qu’une trentaine d’individus.

Le cadavre d’un jeune marsouin du Pacifique (Phocoena sinus), possédant encore le cordon ombilical, a été découvert mi-mars 2017 par la célèbre organisation de protection des écosystèmes marins, Sea Sheperd, au large de la côte Mexicaine. Des analyses vont être effectuées sur le corps afin de déterminer la cause de la mort.

Chaque fois que le cadavre d’un individu de cette espèce est découvert, c’est un pas de plus vers l’extinction de cet animal qui se trouve être le plus petit cétacé du monde. Une étude publiée en février 2017 avait révélé que seulement 30 Phocoena sinus sont encore en vie, d’où le risque d’une extinction complète de cette espèce d’ici 2022. Une précédente étude réalisée entre septembre et décembre 2015 avait dénombré au total 60 marsouins. Et ils étaient une centaine en 2014 et encore le double en 2012. Des chiffres qui révèlent l’extraordinaire rapidité du déclin de cette population, causé par une pêche aussi accidentelle qu’illégale.

Marsouin du Pacifique

Marsouin du Pacifique

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Le zéro absolu ne peut pas être atteint, c’est désormais une certitude

Tout comme la vitesse de la lumière est supposée indépassable, le zéro absolu est considéré comme inatteignable en physique. En réalité, c’est un théorème dont une démonstration plus solide et plus générale vient d’être trouvée.

La thermodynamique a été développée initialement sur des principes gouvernant les échanges de chaleur et de travail avec des systèmes physiques, en particulier quand il s’agit de moteurs. Elle reposait sur des mesures macroscopiques et des définitions de ce qu’il fallait entendre par pression, température, chaleur et travail totalement indépendamment de la structure atomique de la matière. Ces grandeurs étaient reliées par ce qu’on appelle des formes différentielles. Cette science héritée des travaux de Carnot, Clausius et Kelvin a probablement été mise sous sa forme la plus aboutie par le mathématicien grec Constantin Carathéodory (1873-1950) en 1909, quand il en a donné une formulation axiomatique en utilisant une approche purement géométrique.

Mais vers la fin du XIXe siècle, deux géants de la physique, l’Autrichien Ludwig Eduard Boltzmann et l’États-Unien Josiah Willard Gibbs ont réussi à dériver les principes et les équations de la thermodynamique à partir des lois de la mécanique, du calcul des probabilités, et surtout de l’hypothèse de l’existence des atomes. La nouvelle discipline qu’ils ont créée s’appelle la mécanique statistique, et avec la mécanique quantique et la théorie de la relativité générale, elle forme les trois piliers de toute la physique moderne. Boltzmann s’en était notamment servie pour ses travaux sur la théorie cinétique des gaz et pour découvrir une célèbre formule donnant l’entropie d’un gaz (et plus généralement d’un système physique) en fonction du nombre d’états microscopiques, ou nombre de configurations (encore appelé nombre de complexions), définissant l’état d’équilibre d’un système donné au niveau macroscopique.

Les travaux de Boltzmann, décriés par beaucoup de ses contemporains qui ne croyaient pas à l’existence des atomes, ont permis à Planck et Einstein de découvrir la quantification de l’énergie et du rayonnement avec le problème du corps noir. Bien que reposant sur des bases mathématiques problématiques (par exemple avec l’hypothèse d’ergodicité), la mécanique statistique de Boltzmann et de Gibbs s’est finalement largement imposée au début du XXe siècle. Une version quantique en a été donnée dans les années 1930 par von Neumann et Landau.

Système refroidissement CERN

Une vue d’un système de refroidissement au CERN (Source : CERN).

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